‹ Le ParsismeChapitre 195 sur 203 · Labourt, op. rit., p. 44 sqq · texte numérisé non relu

Labourt, op. rit., p. 44 sqq

2. [[Actes du Concile de Sôleucie, cités Labourt, op. cit.^ p. 92.

sanglante, qui se continua sous ses successeurs Bahrâm V (420-438) et Yazdegerd II (438-457), moins systématique toutefois et plus localisée que celle de Sapor. La fin du V^ siècle fut paisible : le mazdéisme, alors déchiré par l'hérésie de Mazdak, compta même s'appuyer sur les chrétiens pour combattre ce redoutable adversaire; mais, à mesure que ces nouveaux alliés s'affermissaient, les mages prenaient ombrage de leurs succès, et l'accord était toujours précaire entre ces deux orthodoxies jalouses.

Le christianisme, de son côté, soufïrait de divisions intestines analogues et plus intenses : les nombreuses hérésies du monde hellénique d'alors retentissaient toutes sur l'Orient araméen et persan, et les querelles entre elles n'étaient pas moins âpres qu'en Europe- A partir du VI® siècle, le nestorianisme, banni de Constantinople, prit définitivement pied en Asie : il y eut ses écoles, ses synodes, ses définitions dogmatiques et ses patriarches reconnus par les pouvoirs publics. Alors ceux-ci se montrèrent parfois favorables à une secte qui rompait avec l'orthodoxie byzantine ; mais aussi les empereurs se désintéressèrent du sort de chrétiens qui ne confessaient plus leur foi, et, comme les mages n'avaient, eux, aucune raison d'abdiquer leurs vieilles haines, les communautés qui avaient tant bien que mal restauré l'unité primitive sous le symbole de Nestorius se virent sans cesse exposées aux effets désastreux de quelque saute de vent dans les hautes régions de l'atmosphère politique. En 548, sous le règne de Khosrau I*^'*, le catholicos Maraba, qui

avait fourni une carrière longue, active et agitée, fut arrêté comme mazdéen apostat, incarcéré, menacé de mort : le bras séculier s'étant cette fois refusé à servir les rancunes de l'inquisition, on essaya de le faire périr dans une émeute; puis on dut le relâcher, mais il mourut des souffrances de sa longue détention ' (552). Dès lors, le clergé avait trouvé le terrain de combat sur lequel il devenait invincible : l'accusation d'apostasie ; la peine de mort resta suspendue sur la tête de tous les chrétiens qu'on put convaincre d'avoir renié le mazdéisme. Les autres furent tolérés, mais sous le bénéfice des excès de zèle toujours possibles à distance de la capitale : plus d'une fois, «les églises furent pillées ou détruites au gré des mages ou des fonctionnaires provinciaux ; trop souvent aussi l'élection des évêques, et celle môme du catholicos, fut entravée ou retardée par le mauvais vouloir du prince ou les cabales de ses favoris*.»

Dans de pareilles conditions, on s'étonnerait fort que les chrétiens de Perse eussent été de chauds patriotes : ils n'avaient pas assez à se louer des Sâssânides pour redouter beaucoup une domination étrangère, et, quand le péril arabe fut imminent, leur premier soin paraît avoir été de prendre leurs sûretés auprès des chefs de l'invasion trop prévue, sinon môme souhaitée en secret. Nous n'avons pas à les suivre sous ces nouveaux maîtres, qui d'abord répon-

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