‹ Le ParsismeChapitre 28 sur 203 · L*AVESTA VU D*ENSEMBLE · texte numérisé non relu

L*AVESTA VU D*ENSEMBLE

ménides, ne nous aurait laissé absolument aucun monument direct. Tout ce que nous posséderions, ce serait le code mutilé d'un néo-zoroastrisme, né après le passage, rapide comme la foudre et colnme elle instantané, d'Alexandre le Grand, contaminé du zoroastrisme ancien et d'une foule d'éléments helléniques, sémitiques, hindous, mis en contact par le prodigieux brassage qu'effectua tout à coup dans l'immobilité asiatique le choc de tant de nations jusque-là presque inconnues les unes des autres. Le torrent une fois passé, on s'occupa d'en réparer les ravages, on fit refleurir la vieille religion, et, sous la dynastie nationale et conservatrice des Arsacides, on rédigea, dans une langue depuis longtemps morte, un vaste canon dogmatique et liturgique, que par une pieuse supercherie on a placé sous les auspices du saint prophète. Les Gâthâs sont du P" siècle de notre ère, et le reste de l'Avesta s'espace entre le l^^'* et le IV®'.

Le radicalisme de cette solution n'a généralement point trouvé faveur. On a estimé que Darmesteter s'était beaucoup exagéré la part des emprunts au platonisme, au judaïsme, au philonisme, qu'il croyait retrouver dans l'Avesta : une coïncidence, en matière aussi diffuse, n'est point nécessairement une dépendance; et, de ce que le premier des êtres après Dieu est chez Platon le Logos, chez Zoroastre la Bonne Pensée, ce n'est pas à dire qu'une pareille idée n'ait pu venir à Zoroastre que de l'école de Platon. Ainsi de

1. Z. A., III, introduction, et, plus spécialement, p. lxxxix sqq., xcvi sqq.

maint autre détail de sa doctrine. Au surplus, Téminent linguiste s'est bien posé, mais n'a nullement résolu la question de savoir comment on aurait pu rédiger tout un canon en une langue morte depuis six siocles, si l'on n'avait eu sous les yeux des spécimens de cette même langue, et d'une assez considérable étendue; et, s'il existait de semblables textes, n'est-il pas plus simple de supposer que ce sont ceux-là mêmes qui nous sont parvenus sous le nom d'Avesta ?

Ce mot, qui n'appartient pas à la langue avestique, non plus que les titres en pehlvi des ouvrages et de leurs divisions, serait pour nous lettre close quant au sens, si heureusement M. Oppert ne l'avait lu dans un cunéiforme trilingue de Darius I®' : le roi se vante en perse de gouverner uparlr/ ahashtàm, et la version assyrienne traduit ina dênàtu (( conformément aux lois ». Il n'est point sûr, évidemment, que l'autorité ainsi désignée fût déjà notre Avesta, qui n'était qu'en voie de formation ; mais ce qui est hors de doute, c'est que le terme signifie « la Loi » dans son acception la plus compréhensive.

Car l'Avesta, tel qu'il se comportait primitivement, fut une véritable encyclopédie, non seulement juridique, mais théologique surtout et liturgique. La tradition pehlvie du Dînkart le divise en 21 grands recueils, dont chacun se nommait un Naska, — mot d'origine probablement sémitique, — et avait été créé expressément par Ahura, qui l'avait tiré de chacune des 21 paroles de la sainte prière dite Ahuna vairya^.

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