Cf. ce mot à l'Index
l'avesta vu d^bnsemblb 29
Ces livres se répartissaient en trois séries, de sept chacune, savoir : — 1** Nasks gâtbiques, formant le développement et le commentaire des hymnes dits Gàthâs^ — 2^ Nasks juridiques, dont le Vendîdâd, que nous possédons intégralement; — 3o Nasks manthriques ou mixtes, presque entièrement perdus, y compris une Genèse restituable en tant qu'elle a servi de base à la cosmogonie du Bûndahish (pehlvi).
L'Avesta actuel est à cet Avesta du temps jadis ce que serait la Bible, « si de toute la Bible il ne restait que les textes qui ont été incorporés dans le Paroissien ))(Darmesteter), (( rather a Prayer-Book than a Bible » (Jackson). Ce bréviaire du prêtre parsi se divise aujourd'hui, outre quelques fragments épars, en deux parties très inégales : TAvesta propre, et le Khordah Avesta ou « petit Avesta ». Ce dernier com» prend les Yashts*, les courtes prières et autres menus textes, et, pour la plus grande partie au moins, n'est pas accompagné de traduction pehlvie.
L' Avesta propre, ce sont les trois livres dits Yasna, Vîspéred et Vendîdâd, qui, à leur tour, se présentent dans les manuscrits sous deux recensions différentes. Lorsqu'ils sont tenus séparés, comme trois ouvrages distincts, ils sont ordinairement munis d'une traduction en pehlvi, qui affecte parfois les allures
1. Le premier des Nasks gàthiques était le S tôt Yasht (serait en zend staota yêsnya « paroles liturgiques »), qui, ainsi qu'on va le voir, nous est parvenu en entier.
2. Sur la nature de ce recueil et des suivants, voir plus bas, p. 30 sqq.
d'un véritable commentaire et qui est d'un inappréciable secours pour Tintelligence, sinon des mots, au moins des idées. Lors, au contraire, qu'ils sont fondus et entrelacés l'un dans l'autre, comme ils l'étaient en pratique pour les besoins de la récitation liturgique, ils sont aussi dénués de glose que, par exemple, nos missels dont ils offrent tous les caractères, et le recueil intégral ainsi constitué porte le titre de Vendîdâd Sâdali, soit quelque chose comme « Bréviaire pur » (sans commentaire). C'est sous la première forme, naturellement, que l'Avesta fut tout d'abord étudié par Anquetil-Duperron et révélé par lui à TEurope.
Or, le commentaire pehlvi porte le titre pehlvi de Zend, qui veut dire (( connaissance » (interprétation)^ et la recension commentée était dès lors fort convenablement désignée par la double appellation Apastâk u Zend (( l'Avesta et le Zend ». De là vint l'emploi abusif du terme « Zend-Avesta » pour dénommer le livre sacré, et aussi le nom tout à fait impropre de (( zend » appliqué à la langue avestique, — nomenclature qu'on peut toutefois tolérer encore, au moins dans les ouvrages sans prétention scientifique comme celui-ci, parce qu'elle semble consacrée par un long
usage.
§ 3. — Les Livres canoniques
I. Le Yasna. — Le mot rjasna (sanscrit yajna) signifie « sacrifice ». Le Yasna, livre liturgique par excellence, contient tous les textes de prose et de vers