Cf. supra p. 9 sqq
LES YAZATAS 53
10. Les Fravashis sont les Mânes ' ; mais cette lotion veut être un tant soit peu précisée. L'homme
compose de cinq éléments : corps, vie, âme, forme etfravashi; quand l'homme meurt, le corps retourne à la terre, la vie (l'haleine) au vent, la forme se dissout dans le soleil * ; mais Tâme s'attache indissolublement à la fravashi, qui est l'élément immortel, en sorte qu'elle non plus ne saurait périr, et qu'unies elles vont vers Ahura. En d'autres termes, la Fravashi est une substance divine qui retourne à sa source, et l'âme ne survit, c'est-à-dire la personnalité ne subsiste outre-tombe, qu'à la faveur d'une fusion intime avec elle ; autrement, sans doute, le vivant ne cesserait pas de vivre, mais sans souvenir, sans conscience individuelle. La Fravashi, en tant que telle, préexiste à la naissance : lorsqu'il eut créé les Fravashis, bien avant la création matérielle, 'Ahura leur donna le choix, ou de demeurer à jamais dans le monde spirituel avec les autres anges, ou de prendre corps et d'aller lutter sur terre avec la puissance du Démon ; vaillamment, elles choisirent la lutte où elles sont engagées aujourd'hui, et qui, grâce à leurs efforts, doit se terminer un jour par le triomphe du bien. On voit que le concept des Fravashis, si — ce qui
1. Perse, au singulier, //•acarrt (cf. supra, p. 43, n. 3): d'où le génitif pluriel pehlvi /a/Ta/Y///i dans Far v. Yasht (Yt. 13), et le persan, /'a rcar^, frôhar, etc., que notre Anquetil a francisé en « Férouer ))•
2. Toute cette métaphysique se reproduit, sauf de légères variantes, dans les Védas et les livres saints postérieurs de l'Inde.
est infiniment probable — il procède du culte des ancêtres, si vivace chez tous les Indo-Européens, est allé se spiritualîsant de plus en plus, jusqu'à différer sensiblement de celui des Mânes : l'Hindou, par exemple, ou le Latin révère ses Pères défunts; le mazdéen rend hommage â sa propre Fravashi, et à celle de tous les autres hommes, soit morts, soit vivants ou même à naître dans ravenîr\
En tant que milice céleste, les Férouers accompagnent Mithra, montent la garde au firmament, confondus avec les étoiles qui peut-être en ont vaguement suggéré le concept*, maintiennent Tordre du monde, et veillent spécialement sur la plante au haoma blanc, garante de leur immortalité*.
11. Verethraghna (Varahrân, Bahrâm), Tange de la victoire, n'a plus dans l'Avesta d'adversaire spécifique: la tradition a totalement perdu le souvenir du démon Verethra, à la défaite duquel il a dû son surnom* ; mais que la légende primitive Tait connu, c'est ce qui ne saurait faire l'objet d'un doute. La mythologie de l'ancienne Arménie, en effet, a un Hercule, dit Vahaken, dont le nom n'est sûrement pas indigène et se dénonce comme un emprunt à la légende perse ; or ce Vahaken tue un dragon dont tous les caractères