Cf. supra p
LES YAZATAS 55
rappellent le Vrtra védique \ Il n*est pas rare qu'un mythe se conserve mieux dans une région qui l'a importé tout fait et accepté tout entier tel quel, sans y comprendre ou chercher autre chose, que dans le milieu même où il avait pris naissance. Mais, au surplus, la Perse, elle aussi, témoigne indirectement de sa connaissance du grand exploit : son Feu Bahrâm, qui n'est pas Verethraghna, mais en porte le surnom*, est le grand ennemi du démon Azhi, et celui ci est le même que TAhi « serpent » védique, qui ne fait qu'un avec Vrtra.
Si par ailleurs le mythe de ce héros a disparu, ce n'est pas à dire toutefois que le héros même se soit volatilisé en fumeuse abstraction. Tout au contraire se sont groupés autour de sa personne les nombreux récits de métamorphoses dont fourmillent toutes les mythologies primitives, et que l'Inde, de son côté, a postérieurement mises au compte du dieu Vishnu^ : son Yasht, le 14*», le représente accourant par dix fois à l'appel d'Ahura, sous dix incarnations différentes, le vent, un taureau, un cheval, un chameau, un sanglier, un jeune homme, un corbeau, un bélier, un bouc, un guerrier. En commun avec Vishiiu, il a aussi l'oiseau solaire, qui dans l'Inde s'appelle Garuda, qui n'a point de nom dans l'Avesta, mais qui splendidement s'éploie au cimier de son casque, sur l'efiBgie des monnaies indo-scythiques. ^