II. YAtus, — Le sanscrit //^/w désigne dos êtres
mâles qui se tiennent sur les confins du monde terrestre et de celui des enfers, tantôt démons, tantôt ^sorciers humains. Tel parait être aussi le Yâtu de l'Avesta (pehlvi j/âtàk, persan yViriâ). Le liigVéda et
1. La f(;iinno qui est i\n cot <;Ut {fluKhtnn) <( ost tenue il
J'écart dans une chambre isolée, sur le re/.-<le-cliauss6e ;
on lui donne ses aliments à distance, sur urie cuiller fixée à 'Uno perche; son regard même «rst impur et souillerait le feu »: I)armeHt(îter, /.A,, H, p. xiv.
2. Le (juatriéme est une l)izarnîrie avestifjue, intraduisible, mais tout ii fait innocente dans notre manière de voir: cf. Vdd. 18. 30-:>9.
AITTRES ÊTRES DÉMONIAQUES 79
l'Atharva-Véda décrivent abondamment ces malfaiteurs nocturnes, les uns affligés d'infirmités hideuses', les autres déguisés sous les aspects les plus répugnants de la nature animale, le sorcier-chien, le sorcierhibou, etc. L'Avesta, bien entendu, n'a pas de Yàtuchien, puisque le chien est pour lui un animal sacré; mais, pour ternies qu'apparaissent en ses versets les couleurs du folklore primitif, il ne laisse pas de oon naître « les aveugles et les sourds, les bandits bipMes, les loups quadrupèdes ))(loups-garous?), qu'il énumèrepôle-mèle avec Toppresseur et le mazdéen infidèle à sa foi*.
De cette tourbe innomée il convient de détacher Akhtya (Akht), dont la spécialité fut d'égarer les hommes par des énigmes captieuses. Trente ans environ après la mort de Zoroastre, il en vint proposer 99, qui furent toutes heureusement résolues par un pieux Touranien'. Mais nous n'en connaissons pas une*. Ainsi va l'Avesta, piquant notre curiosité et, la plupart du temps, la laissant sur une énigme.