Cest-à-dire, en zend, Saêna-Meregha « roiseau Saêna
2. « L'Immortel » ? traduction sureau moins pour son double Amru.
D'autres conséquences, moins révoltantes, mais tout aussi paradoxales, résultent de cette intrusion du mythe traditionnel dans la pratique de chaque jour : qui croirait que le Parsi, si soucieux de pureté intérieure et extérieure, si méticuleux de propreté, se lave encore aujourd'hui, tous les matins, le visage et les mains avec de l'urine de taureau^ ? C'est que le Taureau divin, on l'a vu', fut le premier créé des quadrupèdes ormazdiques, l'ancêtre de ,tous les animaux utiles, et l'on connaît aussi le concept mythique qui gît au fond de son renom de sainteté: aussi n'est-il pas un animal que le Mazdéen, comme l'Hindou, entoure d'une plus grande vénération, où se concilie d'ailleurs l'atavisme mythique avec le point de vue utilitaire.
Immédiatement après lui vient le chien, au sujet
1. Darmesteter, Ormasd, p. 8. — Après s'être purillés durant neuf nuits, les prêtres célèbrent, durant trois ou six jours, le service dit du Vendîdâd ; puis ils amènent un taureau, auquel on a donné, pendant trois jours, une nourriture pure, le gardent dans une enceinte, et reçoivent son urine dans un vase en face duquel est un autre vase plein d'eau ; devant ces deux vases découverts, ils célèbrent le Vendîdâd, et ils obtiennent ainsi ce qu'on nomme le nirang (jômvs et le nirancf db, « l'urine et l'eau rituelles ». Dans la pratique, il n'y en aurait jamais assez pour la consommation qui s'en doit faire : on se lave donc avec de l'urine et de l'eau ordinaires, dans lesquelles on verse, respectivement, une goutte des deux liquides sacrés. Cf. Vdd. 19. 21, et la note de Darmesteter (d'après Anquetil) sur ce passage, Z. A., II, p. 266, n. 49. — On sait que, dans l'Inde, l'urine et la bouse de vache servent de même aux purifications.