‹ Le ParsismeChapitre 87 sur 203 · Vdd · texte numérisé non relu

Vdd

fourmilière, il détruit mille fourmis ; il est aussi la terreur des vipères et autres reptiles*.

Ceux-ci, avec leurs cousins les sauriens et les batra-. ciens, tortues, crapauds, grenouilles et lézards, sont les types les plus abhorrés de la création ahrimanienne. Ici encore éclate la contradiction entre le préjugé traditionnel et le fait constaté : ne dites pas au mazdéen que la couleuvre dévore le rat et la souris ; lui qui enseigne, dans le Saddar, qu'il est aussi méritoire de tuer un rat que quatre lions*, il ne démordrait pas de l'idée que Tinoffensive couleuvre est l'animal maudit ; c^est la vieille réprobation mythique lancée contre la bète qui rampe, symbole de tous les fléaux. Après ceux-ci, naturellement, viennent les grands carnassiers : le loup est un affreux démon, même et surtout quand il est métissé de chien ; corruptio optimi pessima\ Que dire enfin des fourmis, des sauterelles, des mouches venimeuses, des vers et de tous les agents de putréfaction, de l'engeance qu'Ahriman, en son ingénieuse malice, a rendue presque invincible par le nombre, la petitesse ou Tagile mobilité?

1. D'après un historien arabe, quand les Arabes envahirent le Séistan, les habitants, en se soumettant, stipulèrent qu'on ne ferait pas la chasse aux hérissons, parce qu'ils les délivrent des vipères, qui pullulent en ce pays : aussi chaque maison a-t-elle son hérisson. — De même la mangouste (ichneumon), dans certaines parties de l'Inde.

Page 1