‹ Le ParsismeChapitre 97 sur 203 · Cf. supra p. 88 sq · texte numérisé non relu

Cf. supra p. 88 sq

tradition religieuse ? Ce qu'on peut dire de plus indulgent pour Zoroastre, c'est que, s'il ne pratiqua ni ne recommanda peut-être l'inceste, il ne l'interdit pas non plus, et qu'en tout cas, si son hvaêtvadatha est le mariage entre cousins, les grands éloges qu'il lui décerne ont dû inciter certains zélateurs à pousser jusqu'au bout l'application du principe \

11 semble superflu de pousser plus avant dans le détail l'examen de la morale mazdéenne, qui, sauf les points ci-dessus relevés, est un peu celle de tout le monde. Mais il n'est pas hors de propos de remarquer que ce même bon sens banal qui Talourdit et l'abaisse l'empreint en compensation d'un caractère rationaliste qui en domine les puérilités et la dégage en partie du réseau de superstitions où se débat la morale des religions primitives. On sait que celles-ci — et le védisme est encore du nombre* — ont grand peine à s'élever à la distinction, qui nous paraît si simple, du fait et de l'intention : pour elles, le fait seul existe, et, s'il est de nature peccante, il souille, qu'il dépende ou non de l'agent, qu'il soit consenti, semi-conscient ou fortuit ; le péché n'est qu'une variété du mauvais œil ; il tombe où il veut et porte malheur à qui n'y a rien pu. L'Avesta a des vues moins sommaires. S'il admet,

1. Cf. Dannesteter, Z. A., I, p. 126 sqq. ; mais il me parait trop atténuer la prescription en la donnant pour purement théorique. Notons d'ailleurs, en passant, que l'inceste en ascendance ou descendance est le seul qui répugne absolument à la nature.

2, Cf. Oldenberg, Relif/ion du Véda, p. 243 sqq.

comme tant d'autres livres saints, la réversibilité dif péché sur les parents les plus proches, et jusqu'à mille années de distance, il faut songer quMl s'agit ici de la violation du contrat, du crime du mlthrôdruj, « celui qui ment à Mithra », le plus grave parmi ceux qui ne sont pas inexpiables ^ Par ailleurs, sa casuistique a des espèces subtiles. Un cadavre gît, un vautour qui en a mangé fait ses ordures sur un arbre, un homme, abat l'arbre et en fait du feu, voilà le feu souillé r l'hoaime est-il coupable? « Non », dit Ahura *.

(3) « Jamais substance de mort, apportée par le chieft, les oiseaux, le loup, le vent, ne met l'homme en état de péché; - - (4) car, s*il en était autrement, bien vite tout ce monde des corps, que j'ai créé, ne serait plus qu'un seul criminel, à cause du nombre infini d'êtres qui meurent sur la face de cette terre. »

Et voici qui -est plus fort et digne du christianisme : un crime même inexpiable ne l'est que s'il a été commis par un mazdéen ; à un païen il faut pardonner, même sans expiation, puisquil ne savait pas. Qu'il confesse la loi de Mazda avec l'intention ferme de n'y plus contrevenir : son crime est emporté '.

Ce qui, parmi les religions de l'antiquité, fait l'originalité de la physionomie du mazdéisme, on le voit, c'est une logique un peu courte, mais froide et sûre d'elle-même : si elle l'amène à enseigner que l'inceste

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