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120 LE PAHSISMK
est un mérite et le jeûne un péché \ elle lui épargne d'autre part, de vieilles erreurs très funestes au prop;rès d'une morale saine, raisonnable et vraiment édifiante.
§ 2. — Droit pknal.
Les infractions à la loi et à la morale, — c'est tout un pour le ma/déen, — selon leur degré de gravité, entraînent,, indépendamment des peines de l'autre monde, trois genres jd'expiation en celui ci : la pénitence, la purification et les châtiments corporels. La pénitence, qui consiste dans le repentir intime, la récitation du patet^ et le ferme propos de ne plus pécher, éventuellement dans l'accomplissement d'un certain nombre de bonnes œuvres', n'exige ici aucun
1. Puisqu'il diminue les forces. Cette proscription du jeûne étonna et scandalisa les musulmans : Alblrùnî rapporte qucn e.tputtion d'aroir jeùnr le Persan doit nourrir un certain nombre de personnes. Le Saddar dit sagement : « Ne vous abstenez pas d'aliment, mais de péché. » Darmesteter, Z. A, y II, p. ol, n. 34.
IL*. Cf. infra p. 155.
3. Ainsi, 1 homme qui a tué une loutre devra : offrir au feu 10;000 charges de bois ; ou lier lU.OUO faisceaux rituels et offrir lO.OCO libations; ou tuer 10.000 serpents, tortues, grenouilles, fourmis, vers, mouches, etc. ; ou faire divers présents de valeur à (les i)rêtres et à des guerriers : ou verser des amendes fort 61(;vé(*s ; ou élever «hnix fois sept petits chiens, jeter deux fois scj)! i)onls sur des canaux, et donner à des gens de bien deux fois sept têtes de petit bétail; ou donner en mariage à un 'homme de bien sa sœur ou sa fille, vierge et nubile, avec des boucles don-'illes; etc., etc. {\{\i\. 11). ("ela n'en finit pas; et, étant donnée la rédacfion lâche du chai)itr(;, il est impossible de savoir jusqu'il <|U(;l point tout(\s ces pénitences s'annulent ou se cumulent, soit entre elles, soit avec la peine principale de 10.000 (•oui)S de lanière !
développement : elle ne dispense pas, au surplus, du châtiment, même de la peine de mort, — peine rare, — si elle a été encourue; mais elle sauve l'âme de la victime. Quant aux purifications, ce sont des exorcismes, qui ressortissent à la magie opératoire'. C'est des pénalités proprement dites que nous avons à nous occuper.
Observons, avant tout, qu'elles ne sont point remèdes à tous maux : il y a des péchés qui sont dits inexpiables*, c'est à-dire qui entraînent en ce monde la mort immédiate sans jugement et la damnation dans
l'autre ; tel le cas du mangeur de charogne, du sodomite, du voleur de grand chemin, pris en flagrant délit, qui sont à la merci du premier passant venu. De même, l'homme surpris à incinérer un cadavre, ou celui qui, en ayant enterré un, le laisse plus de deux ans séjourner dans le sol. Il n'est pas impossible, néanmoins, que ce dernier méfait et d'autres ne soient déclarés inexpiables que pour pénétrer les fidèles de leur énormité, et qu'en pratique la rigueur du principe ait reçu quelque atténuation salutaire ^ .
En dehors de ces cas réservés, la peine capitale est d^une extrême rareté, et les délits auxquels elle s'applique ne sont pas de ceux qui nous feraient frémir d'horreur : jeter un cadavre à l'eau ; porter seul un