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LES ARCHIPELS OCEANIENS

Ile df Niuafou.

(D'après Boylk T. Sommehvii.le, Account of a Visit to Niuafou^ in Geofjrapliical Journal, 1896, I, p. 65-71.)

sont, par suite, ordinairement garnis de volcans qui, souvent,

dépassent le niveau de la mer. Si le cratère seul émerge, on a de petites Iles de forme annulaire dont un des exemples les plus remarquables nous est fourni par Tile si curieuse de Niuafou, située à peu près à mi-chemin entre les Fiji et les Samoa.

Si, au contraire, c'est le cône entier qui s'élève audessus des ilôts, Tamoncellement des déjections, cendres, scories ou laves, constitue des masses plus importantes, qui peuvent atteindre,

comme dans Vi\e Hawaii, un volume considérable, évalué pour celle île à 1 1 000 kilomètres cubes.

Entre ces deu\ types extrêmes, Niuafou et Hawaii, se place toute la variété des îles volcaniques que Ton rencontre dans les archipels micronésiens ou polynésiens.

Dans quelques-uns de ces archipels, surtout aux Samoa et aux Hawaii, les forces souterraines ont conservé une certaine activité, qui se manifeste, de nos jours encore, par d'assez

(D'après la carte de G. Wiiitnkv, Ifawaiian America, Us resources and prospects [New-'^ork aad London, IQOOJ, p. 78.)

COULFES DE LAVES.

(Hilo, Hawaii.) (Cliché Dickson, communiqué par la Société de géographie de Paris.)

Vue de l'Halemaumau.

(Massif du Kiiauea, Hawaii.)

(Communiqué par la Société de géographie de Paris.)

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fréquents tremblements de terre, des coulées de laves, ou des éruptions V

Le cratère de THalemaumau, aux Hawaii, conslilue en particulier, et à juste titre, une des attractions les plus séduisantes parmi toutes celles que les îles Hawaii oifren tau touriste. On y voit, en effet, un lac de laves incandescentes toujours en mouvement, fournaise à la fois intolérable et fascinalrice. S'écarte-t-on un instant à cause de la chaleur excessive, écrit un témoin oculaire ^ on revient presque aussitôt, et malgré soi, pour (( suivre Tefiort d'une flamme plus haute immédiatement perdue dans ce crépitement de matières en fusion qui naissent des profondeurs du globe, montent, s'écrasent et disparaissent )); pour y admirer surtout ces laves si fluides et si légères que leurs gerbes « s'étirent sous l'action du vent, flottent dans les airs pour retomber en longs filaments déliés, soyeux, couleur d'or sombre, semblables à du verre filé », et que les indigènes prennent pour les cheveux de Pelé, déesse des volcans.

L'origine des îles coralliennes, des atolls, est plus obscure que celle des îles volcaniques'*. Vers le milieu du siècle dernier, Darwin, puis Dana * avaient émis l'hypothèse que les atolls, (( monuments funéraires d*iles englouties », étaient dus à des phénomènes d'affaissement. Les coraux, accolés d'abord à la

I. Sur les éruplîons et Iremblomcnts do lerrc aux Samoa, voir en particulier TuH.XEK, Samoa, in Scott. Geoyr. Mag , 1889, p. a37-a38 (tremblement do terre de 1866); Stair John, Old Samoa or Flotsam an4 Jctsam from the Pacific Océan (London, 1897], P' ^' ^^ '^* (tremblements de terre de i845 6); Rf-ixeckp, Savaii, in Petermanns Mitt.j 1903, p. 7-1 1 (éruption du 3i octobre 190a).

Pour les Hawaii, appelée^ aus!?i quelquefois îles Sandwich, lire les descriptions d'éruptions de Varigny, Quatorze ans aux îles Sandwich [Paris, i87'i|. p a83 el sc|. (éruption de 1868), et Guii.i.rmakd, Australasia, II, p. 53^-5 (éruption de 1877).

a. Sau%'ix, Un royaume polynésien \Vbt\s^ 1893J, p. a36-7.

3. On trouvera dans Suess, op. cit.. Il, p. 5 18 otsq., un bon rcsumt^ do nos connaissances actuelles sur les coraux, avec de nombreuses notes bibliographiques dues pour la plupart au traducteur, M. Depéret. Voir aussi M. Gauli.eky, art. cité.

4. Darwiw, The Structure and Distribution of Coral lieefs, [London, i84aj. M Cosserat en a donné une traduction française en 1878. — Dana, Corals and eorat fslands [London, 187a; 3'^<l éd., New- York, 1890].

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côte même de Tîle comme récifs frangeants, prenaient successivement la forme de récifs-barrières, puis d*atoIls, à mesure que I*île s'enfonçait sous les eaux, suivant le processus figuré sur le schéma ci-dessous.

Cette théorie, très séduisante par sa simplicité, fui classique

pendant près de 4o ans,

Ar-

Formation d'un atoll.

(Théories de Darwin el de Dana.)

L'aflaisscmonl continu de l'île fait monter le niveau de la mer de AA' à BB', puis à GC, c'est-à-dire transforme le récif frangeant (i) en récif-barrière (2). puis en atoll (3).

mais elle n'expliquait pas la coexistence, maintes fois constatée en un même lieu, de récifs frangeants, de récifs-barrières el d'atolls. Vers 1880, Murray, à la suite d'observations personnelles faites au cours d'un voyage à bord du Challenger, proposa une nouvelle explication '. Sur le sommet des ondulations sous-marines qui garnissent le fond de l'Océan, disait Murray, il se produit une lente sédimentation calcaire provenant des débris des organismes de la surface, et qui peu à peu rapproche ces montagnes submergées du niveau où les polypiers constructeurs de récifs peuvent prospérer. La forme annulaire des atolls résulterait soit de l'existence, audessous du niveau de l'eau, d'un cratère sur les bords duquel les polypiers ont pu édifier leurs constructions " ; soit, le plus souvent, de ce qu'aux abords du récif une fois constitué sur le banc sous-marin, les conditions de nutrition sont plus favorables et la croissance des polypiers pliis rapide, de sorte que c'est une couronne, et non un plateau, qui finalement émerge.

1. John Murray, On Ihe Structure and Originof Coral Reefs and Islands in Proceedinys of the Royal Society of Edinburgh, X (1879-80), p. 5o5-5l8.

2. Prager, Reiscn durch die Inselwelt der Sudsee [Kiel, 1900], p. 63, {)ense, avec quelque exagération, que les atolls sont toujours sur les sommets de cratères submergés.

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Plus récemment encore, M. Agassiz, après avoir exploré les îlots coralligènes du Pacifique à bord de r Albatros, a formulé une théorie nouvelle \ Sans contester la vérité des observations de ses devanciers, il a insisté surtout sur la faible épaisseur des coraux actuels et sur leur rôle insignifiant dans le modelé topographique. Pour M. Agassiz, c'est Térosion s'exerçant sur des calcaires autrefois soulevés qui a donné naissance aux différentes formes de récifs de coraux. L'explication qu'il donne de la formation des atolls, en particulier, est assez curieuse. On rencontre fréquemment, dit-il, sur des massifs calcaires soulevés, des dépressions lagunaires. L'érosion a pour effet d'abaisser les sommets et de creuser davantage la dépression ; celle-ci atteint le niveau de la mer dont elle n'est séparée que par une paroi, plus ou moins annulaire, rapidement entamée par des brèches. Lorsque la mer a pu pénétrer, par ces brèches, à l'intérieur de la paroi, l'île devient alors un anneau plus ou moins élevé. Le centre de l'anneau est constitué par une lagune, d'abord peu profonde, et où émergent encore des îlots d'importance variée ; puis, l'érosion aérienne et sous-marine attaque ces îlots, les fait disparaître et creuse encore plus profondément la lagune : on a un parfait atoll.

Il ne convient pas de discuter ici ces diverses théories. Aussi bien, il n'est pas sûr qu'aucune d'elles soit exclusive; il est plus probable même que chaque récif a son histoire particulière et résulte tantôt d'affaissements, tantôt de soulèvements. En outre, c'est bien moins l'histoire de la formation des îles du Pacifique que leur structure actuelle qui intéresse Téconomic coloniale. Il suffît, à cet égard, d'avoir marqué l'origine diverse des lies océaniennes, car c'est cette diversité d'origine, continentale, volcanique ou corallienne, qui détermine leur

I. A. Agassiz, The Coral Reefs ofihe Tropical Pacific in Memoirs of ihe Muséum of Comparative Zoology^ Harvard Collège, XXVIII, [Cambridge, igoS, /* vol. dont I vol. de texte et 3 vol. de planches avec cartes, héliogravures et photogravures en couleurs].

Part, de l'Océanje. 3

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topographie différente, en particulier leur superficie, leur relief et la configuration de leurs côtes.

Comparées aux immenses étendues marines qui les baignent, les îles du Pacifique ne présentent qu'une superficie insignifiante; comparées les unes aux autres, elles révèlent une disproportion plus étonnante encore.

Les plus étendues sont les îles mélanésiennes qui ont une origine continentale. Non seulement leur ensemble couvre la majeure partie de la surface occupée par les terres océaniennes (plus de 96 7'o du total), mais leurs dimensions respectives sont les plus considérables. Ainsi, pour ne citer que les deux plus grandes*, la NouvcUe-Cjuinéc a 8o5 54 1 kilomètres carrés, soit à peu près les deux tiers de la superficie totale de TOcéanie ; et la Nouvelle-Zélande en a 269 465. — Quelques îles volcaniques ont parfois une étendue importante : Hawaii, par exemple, a 10398 kilomètres carrés; mais, en général, la surface des plus grandes de ces îles ne dépasse pas quelques centaines de kilomètres carrés. — Quant aux îles coralliennes, leurs dimensions sont tout à fait insignifiantes : la moins négligeable peut-être, Jaluit, dans le groupe des Marshall, n'a guère plus de 90 kilomètres carrés '.

Comme leur superficie, le relief des archipels océaniens dépend très étroitement de leur origine géologique. Seules, les îles continentales présentent un relief varié de montagnes, de plateaux et de plaines. L'exploration intérieure de la Nouvelle-

1 Pour le délail des cliifTrcs, voir infra^ Troisième Partie.

2. Ces chiiTres sont empruntas aux tableaux de Supan, Die Devolkerung der Enle, XI ^Asien und Australien samt den Sâdseclnseln^ . Ergùnzungsheft i35 ru « Petertnanns Mitteilungen » [1901), p. 9^.

LES AftCHiPELS OGEANIEnS I^

Guinée, à peine commencée du reste, a déjà révélé Texislence de très vastes plaines, s'étalant parfois sur une longueur de 200 ou 3oo kilomètres*, encadrées de chaînes de montagnes qui s'élèvent jusqu'à 4 000 mètres et au-dessus (monts Bismarck dans la Terre de l'Empereur Guillaume, et monts Victoria dans la Nouvelle-Guinée britannique)*.

En Nouvelle-Zélande, dans l'Ile du Sud, une chaîne Alpine court tout le long de la côte occidentale, assez rapprochée de la mer et atteignant dans sa partie centrale une altitude minima de 3 5oo mètres : le plus haut sommet, le mont Cook, culmine à 3 768 mètres ; puis viennent, par ordre d'importance, les monts Hector (3Coo), Tasman (3 585), et Silberhorn (352o)'. Sur les côtes méridionale et orientale, où s'épanouissent les contreforts alpins, les plaines sont assez fréquentes : Tune d'elles, la plaine de Canterbury, ne mesure pas moins de 180 kilomètres de long sur 5o à Go de large *. L'île du Nord a un relief plus accidenté, bien que les points culminants y soient moins élevés (monts Ruapehu et Egmont, 2706 et 2622 mètres) ; la partie centrale est occupée par un plateau très disloqué, à cause des phénomènes volcaniques qui s'y sont produits et dont le retentissement s'est prolongé jusqu'à notre époque'^. Les plaines y sont rares, et souvent les cours d'eau ont les berges si escarpées que les Maoris sont obligés de se servir d'échelles pour descendre de leurs villages dans leurs canots*.

Les autres îles continentales sont presque exclusivement montagneuses. Vues de la haute mer, elles apparaissent ordinairement comme des systèmes de montagnes émergeant brusque-

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