Infra, p
être évincés ; et il importait d*autant plus de ne pas céder la place à des rivaux, que la réalisation imminente du projet d'un canal de Panama ne pouvait manquer d'accroître considérablement la valeur de cet archipel très heureusement placé sur le parcours des lignes maritimes futures d'Europe ou d'Amérique en Australie.
Sous l'empire de ces considérations, le commandant de nos Établissements de TOcéanie fut invité, le 9 septembre 1879, à « pressentir » Pomaré « sur la question de la remise complète, entre nos mains, de l'autorité qu'il exerçait avec nos conseils » '. La nomination, peu de temps après, d'un nouveau commissaire du gouvernement, M. Chessé, interrompit momentanément des pourparlers qui étaient en très bonne voie, mais sans modifier les bons sentiments du roi à l'égard de la France. La preuve en est que le 20 mai 1880, ayant à se rendre dans un archipel voisin, le roi n'hésitait pas à confier à notre représentant, pendant son absence, le gouvernement général et l'administration de Tahiti et de ses dépendances. A son retour, se sentant malade, inquiet sur le sort de sa famille, au cas 011 il viendrait à disparaître ; convaincu, d'autre part, qu'il ne pouvait trouver d'appui sérieux dans le présent et de garantie pour l'avenir des siens qu'auprès du gouvernement français, il céda sans peine aux instances de M. Chessé et se décida à rendre définitive cette renonciation temporaire.
Le 29 juin 1880, de concert avec les chefs de Tahiti et de Moorea, Pomaré V déclarait solennellement « remettre complètement et pour toujours, entre les mains de la France, le gouvernement de ses Etats, comme aussi tous ses droits et pouvoirs sur les îles de la Société et dépendances ^ » M. Chessé accepta cette remise de souveraineté ' et annonça que la France
1 . Cf. rKxposc des motif» de la loi présentée aux Chambres le 39 novembre 1880, portant ratiRcation de la cession à la France de la souveraineté de Tahiti et des archipels qui en dépendent in De Clercq, op. cit.., XII, p. 6a5 et sq.