I. Lefébure, art. cUé, p
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les puissances elles-mêmes firent entendre leurs canons sous prétexte de calmer reffervescence.
Fort à propos la guerre du Transvaal vint fournir à M. de Bulow une excellente occasion de mettre fin à une pareille situation. Profitant habilement des circonstances difficiles que traversait alors l'Angleterre, et pour donner satisfaction à l'opinion publique allemande, qui faisait de la question des Samoa une question nationale, il proposa un arrangement relatif aux principales questions coloniales pendantes entre les deux pays. Cet arrangement fut signé à Londres le 8 novembre 1899*.
D'une part, la Grande-Bretagne renonçait en faveur de l'Ailemagne à tous ses droits sur les îles Upolu et Savaii. Elle faisait une renonciation analogue en faveur des Etats-Unis pour l'île Tutuila et les autres îles du groupe des Samoa à Test du 171° de longitude Ouest de Greenwich (art. i, al. i et 2). — D'autre part, l'Allemagne renonçait en faveur de la Grande- Bretagne à tous ses droits sur les îles Tonga, y compris Vavau, et sur l'île Savage. Elle confirmait, à son tour et pour ce qui la concernait, l'abandon de Tutuila et des îles adjacentes aux États-Unis (art. 2, al. i et 2). De plus, elle cédait à la Grande-Bretagne ses possessions aux Salomon sauf Bougainville et Buka (art. 2, al. 3) ^ Un peu plus tard, à Washington, les États-Unis signaient avec l'Allemagne et l'Angleterre un second traité qui confirmait les dispositions du traité précédent relatives au partage des Samoa (2 décembre 1899).
Le succès final de la politique allemande dans l'affaire des
1 . On trouvera le texte des deux traités, in Revue générale de droit international public, 1900, p. 292-5, en note.
2. Supra, p. 175. Le traité du 8 novembre 1899 contient d'autres clauses étrangères aux Samoa : c*est, d'une part, le partage de la zone neutre de Salaga constituée en vertu d'un arrangement de 1888 en arrière du Togoland allemand et de la Côte d*Or anglaise (art. i, 2 et 5 combinés) ; — d'autre part, l'abandon par rAUemagne de ses droits d'exterritorialité à Zanzibar, mais sous la réserve que « cette renoncia-
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Samoa fait regretter que la France n'ait pas profité des mêmes circonstances pour régler définitivement, et à son avantage, la question toujours pendante des Nouvelles-Hébrides V
Si l'amiral Febvrier-Despointes, en prenant possession de la Nouvelle-Calédonie, le 24 septembre i853, avait négligé d'annexer en même temps les Nouvelles-Hébrides, c'est, sans doute, parce que l'occupation immédiate de ce dernier archipel ne paraissait point présenter un bien vif intérêt. Le commerce y était insignifiant : il se bornait aux opérations de quelques négociants entreprenants qui venaient y chercher du bois de santal ou y préparer du coprah, pour l'expédier ensuite à Sydney ou en Chine*. — De plus, notre établissement en Nouvelle- Calédonie, ayant eu surtout pour but de réaliser les vues du gouvernement impérial sur le régime pénitentiaire, l'occupation d'un seul archipel suffisait pour le moment : il serait d'ailleurs toujours aisé, pensait-on, d'annexer ultérieurement les Nouvelles-Hébrides, si cela devenait nécessaire. Mais on ne réfléchissait pas que l'Angleterre avait au moins autant de facilités que nous, sinon plus, pour s'approcher de ces îles; et l'on ne tenait aucun compte des ambitions australiennes, bien qu'elles se fussent déjà bruyamment manifestées contre nous'.
La situation, du reste, se modifia de très bonne heure dès que le besoin de travailleurs soit en Queensland, soit en Nouvelle-Calédonie, donna l'idée d'aller recruter desNéo-Hébridais. Les abus scandaleux de ce recrutement qui ressemblait plutôt à une traite amenèrent une première intervention des gouvernements du Queensland et de la Nouvelle-Calédonie en faveur des
tîon ne deviendra efTective que lorsque les droits d'exterritorialité dont jouissent d*autres puissances j seront abolis. » (art. 7).
I. Les deux meilleurs travaux consacrés à la question des Nouvelles-Hébrides sont ceux de Deschahel, Les intérêts français... (Deuxième partie); et de Politis, La condition internationale des Nouvelles- Hébrides, in Revue générale de droit interna^ tional public, 1901, p. iai-i5a; a3o-a7i.
a. Descranel, Les intérêts français..., p. a45.