Art
ao/i LA MISE EN VALEUR
Après avoir été très important, son commerce a périclité pendant une trentaine d'années. Il semble reprendre aujourd'hui : en 1902, l'exportation des biches de mer s'est élevée à plus de 5 000 francs. Quant à la tortue, dont l'écaillé fort appréciée était expédiée il y a peu de temps encore, par quantités assez considérables, sur les marchés d'Amérique, elle ne figure même pas sur les statistiques de 1902.
La culture du cocotier se trouve à peu près invariablement associée à la pêche, sur les Ilots coralliens de la Polynésie française. Très répandue aux Tuamotu, elle s'est étendue de plus en plus jusque sur les lies plus grandes de la Société et des Marquises *. On recueille l'amande du coco, soit pour la pâtisserie et la confiserie, soit surtout pour la fabrication du coprah.
L'extension de la culture du cocotier, déjà vieille de près d'un siècle dans la Polynésie française', tient sans doute à ce qu'elle s'accommode aisément du sol ingrat des atolls et de la paresse invincible des indigènes. Pendant longtemps, elle a été leur seule culture, car ils se montraient, en général, très réfractaires aux travaux des champs, soit par une indolence toute naturelle, dans ces îles où la grande fertilité du sol « assure la nourriture de chaque jour et rend tout effort inutile* », soit par suite du préjugé qui attachait quelque idée de servilité à la condition de cultivateur, soit enfin à cause des obstacles qu'opposait à la culture l'institution de la vaine pâture.
Il ne faut donc pas s'étonner que depuis soixante ans nos représentants, commissaires ou gouverneurs, se soient constamment efforcés de réagir contre ces tendances, défaire disparaître ces obstacles et d'encourager l'agriculture par tous les moyens en leur pouvoir. On se préoccupa d'abord de constituer fortement la propriété indigène, en l'entourant de garanties toutes
I . Ainsi à Tahiti, en moins de ao ans, la surface cultivée en cocotiers s'est étendue de 100 à a 379 ha. Lemasson, op. cit , p. 89 et 4'.
a. Au début du xix« siècle, le roi Pomaré encouragea fortement la culture du cocotier, prêchant lui-même d*exemple. Cf. ëllis, op. cit., II, p. 67-68 et 287.