I. Le climat
La Nouvelle-Zélande. — L'Océanie inlerlropicale.
Faunes et flores insulaires. — Los ressources de la flore. — Les ressouicesde la faune.
Si Ton pouvait se contenter des impressions de ceux qui ont visité ou habité rOcéanie, on aurait vite fait d'apprécier le climat océanien. Tous les témoignages, ceux des médecins euxmêmes, attestent son extrême salubrité. « Ce n'est pas seulement la santé qu'on trouve dans ces archipels, dit le docteur Nielly, c'est quelque chose de plus : la santé exubérante, le bonheur de vivre dans un air léger et toujours pur, un bien-être intime qui est le privilège des zones le plus heureusement douées comme climat et comme atmosphère *. » On ne saurait cependant s'appuyer seulement, pour étudier le climat d'une région, sur des impressions de voyage, ni réduire à une formule unique les conditions climatériques nécessairement diverses d'un ensem-
I. Nielly, Hygiène des Européens dans les pays tropicaux [Paris, i884]. p. 673.
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ble d'archipels aussi disséminés. Il importe, au contraire, sans entrer toutefois dans des détails qui ne seraient point ici à leur place, de résumer les observations météorologiques faites jusqu'à présent en Océanie.
A cet égard, il convient tout d*abord de distinguer très nettement la Nouvelle-Zélande, située au delà du tropique, des autres archipels océaniens, qui, par contre, se trouvent tous placés dans la région tropicale*.
Par sa situation même, la Nouvelle-Zélande a des températures qui rappellent plutôt celles de nos régions tempérées. Les moyennes annuelles oscillent entre 16** 3 à Mongonui par 35° I de lat. Sud ; et 9" 9 à Dunedin par 45'* 52 de lat. Sud * ; et ainsi du nord au sud de l'archipel, on passe, par transitions lenles, du climat napolitain au climat écossais : Auckland (36» 5o, lat. S.) a i/i^g; Ncw-Plymouth (39*>/io, lat. S.) a i3°8; Wellington (/iri6, lat. S.) a i2"6; Christchurch (43'* 32, lat. S.) a 11" i. — De plus, les variations mensuelles ordinairement faibles sont plus accentuées à latitude égale, sur la côte Est que sur la côte Ouest. Ainsi Napier (39^29, lat. S. côte Est) et New-Plymouth (39" 4o, lat. S. côte Ouest) ont respectivement : en janvier, 18° 9 et 17° 9; en avril, 15"* 4 et i5°3; en juillet, 9^8 et 9° 8; en octobre, i4° et 12" 6. De même Christchurch (43° 32, lat. S.côte Est) et Ilokitika (43''42, lat. S. côte Ouest) ont respectivement : en janvier, 16° 2 et 15"* 4 ; en avril, 11° 4 et 12° 4 ; en juillet, 5'* 5 cl 6° 8 ; en octobre, 11° 2 et 10" 9.
Cette différence thermométrique entre les deux versants s'explique par la prédominance des vents d*Ouest, qui se font
I. Cf. SupAN, Grund:uge der physischen Erdkimde [Leipzig, 1896], p. 74-77*, et BABTiioLOMtw, Phvsiral Atlas, vol. 111 [Ailasof Meieorology. — Edinburgh, 1899).
îi. Tous CCS chiffres sont empruntés à J. IIann, llandbuch der KUmaiologie (Stuttgard. 1897, 3 vol.], 111, p. 383-/|.
sentir toute Tannée. Ces vents soufflent avec une fréquence et une àpreté telles que pour se défendre contre Tévaporation exagérée qui résulte de cette ventilation intense, la végétation rappelle, en certains points de la côte Ouest, celle des régions sèches*. C'est dans les détroits de Cook et de Foveaux que l'air parait le plus agité. Nelson et Wellington, sur le détroit de Cook, Invercargill, sur le détroit de Foveaux, ont à peine un jour par an sans vents ^ Gros temps et orages s'y succèdent sans cesse'. Les côtes orientales sontl)eaucoup moins venteuses. Le vent qui y arrive ressemble au sirocco et est accompagné des mênnes phénomènes*. L'énorme quantité de poussière dont il couvre les maisons et même dont il emplit les yeux et la bouche lui a fait donner le surnom de bricklayer, c'est-à-dire (( vent maçon ».
La prédominance des vents d'Ouest explique aussi l'humidité plus grande de la côte occidentale, où l'on note des pluies de 2 845 mm. (à Hokitika), de i 478 mm. (à New-Plymouth), tandis que, sur la côte opposée, les pluies sont en moyenne inférieures à i mètre : Napier ne reçoit que 940 mm., le cap Campbell 533 et Oamaru 584 ". Ces pluies tombent à peu près en toute saison ; sur certains points, à Auckland notamment, il y a, semble-t-il, une prédominance de pluies d'hiver* . Sur les sommets, ces pluies tombent sous forme de neige.
L'abondance des précipitations atmosphériques, pluie ou
1. Flahaut» Végétation et forêts de la Nouvelle-Zélande, in La Géographie, 1902, I, p. 355-8.
2. Wallace, Australaiia, I, p. 43G — Par contre Dunedin, sur la côte Est, en a compté 98 en 1878 et Quecnstown, dans rinléricur, sur les bords du lac Wakatipu, en a eu, la même année, i^^.