II. — Ooam et Totuila
Les colonies américaines en Océanie comprennent rarchîpel des Hawaii, Tile de Guam (Mariannes) et une partie des Samoa (Tutuila et Manua), sans compter quelques îlots presque sans valeur, disséminés à travers le Pacifique, et dont la possession, du reste, est parfois revendiquée par TAngleterre.
Le groupe le plus important est sans conteste celui des Hawaii*, qui comprend huit îles de quelque importance. Ces îles, de grandeur très inégale, sont en allant du S.-E. au N.-O. : Hawaii (10*398 kilomètres carrés), Maui (i 885 kilomètres carrés), Kalioolawe (179 kilomètres carrés), Lanai (35o kilo-
I. Aux livres de BbACKMAN.et de Whit.ney, déjà cilés, il coovient d*ajouter» pour l'étude économique de Tarchipel ha\>'aïen : Mokris, Our Ishnd Empire, A Handbook of Cuba^ Porto Rico, Hawaii and ihe Philippine Islands [Philadelphie, 1899] ; VossiON, Possessions américaines en Océanie : Les îles Hawaii ou Sandwich au moment de leur annexion aux États-Unis [Paris, 1900]; et la publication périodique iiilituléo Hawaiian i4n/m(i/ [Honolulu].
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LA MISE EN VALEUR
mètres carrés), Molokai (676 kilomètres carrés), Oahu (1 554 kilomètres carrés), Kauai (1^09 kilomètres carrés), Niihau (25 1 kilomètres carrés) \
Il est peu de coins du globe aussi recherchés aujourd'hui par les touristes que les îles Hawaii. Le pittoresque des' contrastes offrant à Tœil, dans le même panorama, des sommets couverts de neige auprès d'un océan dont les vagues se brisent en une blanche écume sur les récifs de coraux, ou viennent mourir sur des plages rocheuses bordées de cocotiers ; la beauté des paysages de Tintérieur des iles montagneuses et boisées, où le coup d'oeil change à chaque détour du chemin ; la majesté de volcans géants dont l'activité n'est pas encore éteinte : tout cela, joint à un climat doux et vivifiant*, attire chaque année, dans l'archipel hawaïen, des visiteurs de plus en plus nombreux, qui ne s'en éloignent jamais qu'à regret.
Quelque merveilleux cependant que soient ces sites, leur contemplation enthousiaste ne saurait suffire aux Américains, qui sont avant tout des (( gens d'aflaires », des business men. Attirés aux Hawaii par des intérêts économiques qui ont déterminé, très rapidement du reste, l'annexion de ces îles à Tlinion, ils ont eu pour principal souci, une fois installés en maîtres dans leur nouvelle colonie, de maintenir et de développer ces intérêts. Certes, ils n'ont pas oublié de tirer profit des beautés naturelles du pays ; et comme pour la Nouvelle-Zélande, il existe aujourd'hui une organisation tout à fait perfectionnée de voyages d'excursion aux Hawaii. Mais les Américains ont surtout dirigé leurs efforts vers l'exploitation, plus lucrative encore, des ressources agricoles du pays.
11 est exagéré de vouloir traduire en une formule unique la
I. Ces chiflTres sont empruntés au Tkodfih Census of the United SiateSy Census Bulletin, n« 67, 1901, p. 4-
'j. C. Whitney, op. cit., p. 176-180, fait un très grand éloge du climat hawaïen. Il se monlre surtout enthousiasmé de la vigueur physique des enfants nés aux Hawaii do parents blancs étrangers.
LES GOLO?(lES AMÉRICAINES 3og
valeur agricole du sol des îles Hawaii*. On trouve en effet, dans Tarchipel hawaïen, d'immenses étendues de terrains rocailleux et stériles, propres tout au plus à Télevage des chèvres, tandis qu'ailleurs — dans les vallées surtout — la décomposition des roches volcaniques ou les alluvions charriées par les eaux produisent, au contraire, des terrains particulièrement fertiles*.
La culture prépondérante est celle de la canne à sucre, qui occupe surtout les régions côtières, jusqu'à une altitude d'environ 5oo mèlres^ Elle parait avoir été pratiquée dès le début du XIX* siècle ; mais c'est seulement depuis une quarantaine d'années qu'elle a fait de considérables progrès. La guerre de Sécession, en élevant le prix de vente du sucre ; — le traité commercial de 1875, en assurant l'entrée en franchise des sucres hawaïens aux Etats-Unis ; — l'adoption des méthodes scientifiques de culture et des procédés d'irrigation artificielle, en permettant d'accroître la productivité ; tous ces faits ont marqué les grandes étapes successives de ce développement. En i863, l'exportation du sucre était de 2600 tonnes; en 1876, elle atteignait i3ooo tonnes; et dès 1896, elle dépassait 2^0000 tonnes*.
On ne saurait trop insister, à cet égard, sur les heureux effets du perfectionnement de l'outillage agricole employé, depuis ces dernières années, par les planteurs hawaïens. Il faut citer d'abord la création, à frais communs, d'une station agronomique et d'un laboratoire d'essais à Ilonolulu. La multitude d'analyses et d'expériences qui y sont faites journellement
1. Cf., par exemple, Bellet, Les îles Hawaii, io Annales de géographie, 1898,