Ibid., p
LES COLONIES AMÉRIGAnES 3l3
sol très fertile et très humide, où elle se développe à côté du taro, qui a besoin, lui aussi, de beaucoup d'eau. Tandis que le taro ne sert qu'à l'alimentation des indigènes*, le riz est, ou plutôt a été longtemps, un article d'exportation. Il est exclusivement cultivé par les Chinois ou les Japonais, très nombreux dans l'archipel. Malgré leurs procédés un peu primitifs de culture, ces travailleurs asiatiques peuvent payer des fermages assez élevés (3o à 5o dollars par acre). Ils font deux récoltes par an : la première suffît pour acquitter leur loyer annuel, la deuxième constitue leur revenu ^
Jusqu'à une époque toute récente, les seules cultures pratiquées aux îles Hawaii étaient la canne, le café, le riz et le taro ; et bien que le sol et le climat de l'archipel convinssent parfaitement aux cultures vivrières'^, surtout à celle des fruits, les Hawaïens faisaient venir du dehors la plupart des produits nécessaires à leur alimentation \
Il semble que depuis quelques années la culture des fruits commence à se développer sérieusement, par suite de la demande sans cesse croissante de la consommation locale et de la consommation étrangère. Concentrée surtout autour du territoire de Wahiawa (Oahu), la culture des ananas s'étend à toutes les îles de l'archipel. Elle est pratiquée avec beaucoup de soins ; et la qualité des ananas hawaïens, qu'il est désormais possible d'exporter en très bon état de conservation, grâce aux fabriques de conserves de Pearl City (Oahu)*\ les fait déjà fort apprécier sur les marchés extérieurs. Ils ont, il est vrai, à subir
I. Sur le taro, considéré comme le plat national des Hawaïens, cf G. Whitney, op. cit., p. 168-170.
a. Ibid., p. 168; GoLsoN, op. cit., p. 300 (d'après Stubbs).
3. L'expérience d'ailleurs en a été faite, suffisamment concluante, au moment de la découverte des mines d'or de Galifornie, les îles Hawaii étant devenues alors le grand marché d'approvisionnement, pour le blé et les légumes, des chercheurs d'or californiens. Voir G. Whitney, op. cit., p. ia3-4, et supra, p. i54.