INTRODUCTION IX
d'autre part, que TAustralie avec sa surface considérable, évaluée à plus de 7600000 kilomètres carrés, est plutôt un continent qu'il convient, par suite, de distinguer des terres océaniques situées plus à l'Est. Celles-ci, en effet, sont avant tout des îles, et même — la Nouvelle-Guinée exceptée — des îles relativement petites et très isolées au milieu des immenses espaces maritimes qui les entourent'. Ainsi, pour ne prendre que quelques exemples, la Nouvelle-Calédonie se trouve à i 445 kilomètres de l'Australie, i 555 delà Nouvelle-Zélande et I 775 de la Nouvelle-Guinée ; le groupe des Fiji, séparé de la Nouvelle-Zélande par I 775 kilomètres, est à 445 kilomètres des îles Tonga et à I 220 de la Nouvelle-Calédonie ; plus isolées encore, les îles Hawaii sont à 2800 kilomètres du petit groupe des Phœnix, le moins éloigné pourtant, à 3 3oo des Marquises, à plus de 3 5oo des Samoa, des Aléouliennes et du continent américain ; enfin, des Marquises à la terre continentale la plus rapprochée, c'est-à-dire au cap San-Lucas, à l'extrémité de la péninsule californienne, la distance à parcourir en plein Océan est de 4 900 kilomètres *.
Uinsularilé, avec Visolement qui en est la conséquence, tel est donc le fait géographique essentiel qui doit nécessairement dominer toute étude de YOcéanie ; car il explique non seulement le climat, la faune, la flore ou l'ethnographie des archipels océaniens, mais aussi l'histoire de leur occupation par les peuples modernes et les conditions de leur développement économique.
Cependant si ce sont des considérations géographiques qui ont déterminé le cadre de cette étude, c'est par des considérations d'un autre ordre qu'il faut en expliquer le plan.
Ce livre n'est point une étude exclusivement géographique. Les diverses régions naturelles de l'Océanie n'y sont point successivement décrites en chapitres distincts, traitant à la fois, pour chaque groupe d'archipels, de la géographie physique et de la géographie humaine.
I. Il y a lieu d*être surpris, à cet égard, que É. Reclus, essayant précisément, dans lo volume déjà cité (Océan et terres océaniques) , de mettre en relief les curieux rapports qui existent entre Télément insulaire et l'élément océanique, rapproche dans une même étude Tarchipel malais, le monde australien, les iles du Pacifique et les archipels de TOcéan Indien. Cette tentative intéressante n*est au fond qu'un compromis entre la classification courante et la méthode purement scientifique. Cf. M. Dubois, Océanographie et Océanie, in Annales de Géographie, iSgi-a, p. 83.
a. SiEVBKS, op. cit., p. 407 ; A. Bek.nakd, L'archipel de la Nouvelle-Calédonie [Paris, 1896], p. la.