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LES COLONIES AMÉRIGAIIIES 3l5
D'autres cultures ont été entreprises aux Hawaii, mais les résultats obtenus sont très inégaux. Il y a tout lieu de croire cependant, que la baisse du prix du sucre détournera un peu vers ces cultures nouvelles Tattention des planteurs, jusque-là exclusivement concentrée sur celle de la canne. Si la reprise de culture du coton ne parait pas assurée d'un grand avenir, celles du tabac et de la vanille, dans l'île d'Hawaii, promettent de donner de bien meilleurs résultats. Il semble aussi qu'il y ait grand profit à tirer de l'extension de la culture de différents textiles végétaux communs dans l'a rchipeP.
On peut négliger les ressources forestières aux îles Hawaii, bien qu'autrefois l'exploitation du bois de santal ait été une des sources principales de richesse du pays. C'est même précisément parce que cette exploitation fut poursuivie avec une extraordinaire âpreté que bientôt les forêts disparurent presque entièrement de l'archipel; on n'en trouve guère, actuellement, que dans la région orientale de l'île Hawaii. Pour enrayer cette disparition des forêts et ses funestes conséquences, le Bureau de l'Agriculture a adopté, depuis quelques années, un programme méthodique de reboisement. Une pépinière a été établie à Honolulu, où l'on fait pousser les graines venues du dehors; les plants sont ensuite distribués aux colons*.
Malgré des conditions de climat qui ne sont pas toujours très favorables, à cause de l'irrégularité ou de l'insuffisance des pluies sur certains points, on rencontre, aux îles Hawaii, des pâturages où se poursuit l'élevage du bétail dont les premiers troupeaux ont été introduits par Vancouver en 1798-4^. On élève des moutons à Hawaii, Molokai, Kahoolawe, Lanai et \iihau. Le Census de 1900 estimait leur nombre à 102000, dont près de
I. Sur ces difTérentes cultures, voir G. Whit>ney, op. cit., p. 175 ; Stubbs, Report.. ,j p. 5a-53; et Hawaiian Annual (igoii), p. 62 et sq.
3. Sur les forêts aux Hawaii, cf. G. Whitney, op. cit., p. 117-9 et i65 ; Stubbs, Report.,. t p. 78-78.
3. Supra, p. 118. Sur l'élevage aux iies Hawaii, cf. Stubbs, Report..., p. 65-70.
3l6 LA MISE EN VALEUR
la moitié. environ pour la seule île d'Hawaii*. L'industrie de la laine, très importante à Lanai et à Molokai, est même la principale industrie de Niihau et de Kahoolawe: on a exporté, en 1903, pour /i3 552 dollars de laine. Les peaux constituent un article plus important encore des exportations, puisqu'en 1908 elles se placent au troisième rang, après la canne et le café (80 190 dollars) ^
t^est également dans l'île d'Hawaii que Télevage du gros bétail est le plus répandu. Il est localisé dans les pâturages de montagne qui dominent la zone agricole. Les autres îles ont aussi des troupeaux, dont la viande est consommée sur place, tandis que les peaux, le suif et autres produits dérivés sont exportés. Mais la diminution de la surface réservée aux pâturages, par suite de Texlension des cultures, comme aussi l'accroissement de la population et, surtout, l'absence de bonnes méthodes d'élevage^, rendent aujourd'hui la production locale insuITisante pour les besoins du pays ; on doit importer de grandes quantités de viandes conservées (353 890 dollars en igoS) et même de lait et de fromage (226944 dollars en 1908) \
11 convient enfin de mentionner les chèvres, dont la présence dans l'archipel a été considérée souvent comme un fléau, parce qu'en détruisant une partie des forêts qui couronnaient les crêtes montagneuses, elles ont déterminé, dans une certaine mesure, la diminution et parfois même la disparition des pluies pour le grand dommage de l'agriculture ^
Le défaut de minerais et de houille aux Hawaii explique l'absence complète de la grande industrie dans l'archipel : l'activité industrielle s'y réduit en effet à la manipulation des pro-