‹ Le partage de l'OcéanieChapitre 229 sur 234 · Hauser, op. cit., p · texte numérisé non relu

Hauser, op. cit., p

356 LA MISE EN VALEUR

son arrivée tardive au partage de TOcéanie, peut espérer jouer un rôle important dans cette lutte suprême qui s'engage, à Taurore de notre siècle, pour l'Empire du Pacifique*.

I. A c6të de la France, de TAngleterre, des États-Unis et de TAIlemagne/d'autrea puissances ont pris part au partage de TOcéanie : la Hollande est établie dans la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée et a conservé des droits sur le petit groupe des Mapia (Garolines) ; — le Japon possède les îles Bonin et Yolcano. au nord du tropique du Cancer; — le Chili, enBn, s'est installé à notre place, à Tile de Pâques en 1888 (suprat p. 170).

Toutefois, on ne s'occupera point^ dans cette étude, de ces territoires h peine connus ou presque sans valeur économique. Aussi bien, ni le Chili ni même la Hollande ne paraissent susceptibles de jouer, dans l'avenir, un rôle important en Océanie ; et si le Japon, au contraire, semble appelé à de plus hautes destinées dans le Grand Océan, c'est beaucoup moins par l'étendue de ses possessions que par les ressources de main-d'œuvre dont il dispose et qui sont indispensables aux nations établies en Océanie (infra, p. 365-6).

Ainsi, notre époque a vu naître, dans le Pacifique, une Océanie nouvelle \ A la place des populations indigènes, qui, peu à peu, disparaissent — soit qu'elles se fondent avec les conquérants par des métissages, soit qu'elles succombent par l'excédent des décès sur les naissances, — des populations étrangères se sont substituées dans chaque archipel, composées le plus souvent des éléments ethniques les plus divers, mais qui, sur certains points du moins, paraissent appelées à un grand avenir. Une étroite connexité existe, d'ailleurs, entre ces deux faits. Si l'établissement de la race blanche dans les lies du Pacifique n'a fait que hâter la disparition des indigènes, celle-ci à son tour explique, dans une certaine mesure, cette âpreté des compétitions internationales, que Ton a pu comparer, très justement, à « l'impatience d'héritiers naturels à prendre possession d'une succession bientôt en déshérence*. »

Le règlement de la succession s'est à peu près complètement achevé, par des partages, pendant les dernières années du xix* siècle. Mais les héritiers ont fait preuve, dans la mise en valeur de leur héritage, d'aptitudes si diverses, on pourrait dire si

1. Il convient de noter que, dès le milieu du siècle dernier, un auteur, trop ignoré aujourd'hui, Jacobs, avait prévu celle transformation de TOcéanie et en avait indiqué les grandes lignes. Cf. Jacobs, L'Océanie nouvelle [Paris, 1861]. Son livre, aujourd'hui, nous apparaît presque comme une prophétie.

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