A, Bernabd, op. cit., p. 368, n. a
52 CONDlTIO:4S GEOGRAPHIQUES DE L/L VlË itUMAtTIË EN OcéANlE
sorte de pomme de terre sucrée d'un rendement élevé, aussi répandue que le taro et dont les tiges feuillées, fraîches, sont on outre un bon fourrage; — l'igname (Dioscorea alala), qui dans certaines lies est véritablement la base de la nourriture des indigènes, au point que ceux-ci comptent le temps par récoltes d'ignames ; — le manioc (Manihot utilissimaj, qui ne peut être mangé sans danger, il est vrai, qu'après une préparation, à cause de sa nocivité naturelle *.
Il faut citer aussi une multitude de fruits : oranges, mangues, pommes cannelles, pommes lianes, barbadines, papayes, goyaves, ananas, mangoustans, etc., qui font de certaines régions océaniennes des vergers susceptibles de rivaliser, pour la saveur de leurs produits, avec les plus délicieux vergers d'Europe'; sans parler de la canne à sucre, qui est peut-être originaire delà Polynésie'.
Une troisième zone, enfin, qui comprend elle-même souvent plusieurs étages distincts, est la zone forestière.
L'aspect de ces forêts océaniennes se modifie très visiblement de l'Ouest à l'Est, et de l'équateur aux tropiques. Dans la Mélanésie septentrionale, en Nouvelle -Guinée, aux Salomon, aux Nouvelles-Hébrides môme, c'est la forêt équatoriale dans toute sa splendeur mais aussi avec toute son insalubrité \ Dans le reste de la Mélanésie et en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie, en Nouvelle-Zélande, aux Fiji, aux Samoa, à Tahiti, c'est la forci australe, moins enivrante peut-être, mais plus douce et, par suite, infiniment plus belle. Elle diffère de la forêt équatoriale comme les fleurs de printemps des fleurs de serre".
Avec ses grandes plantes de sous-bois, ses fougères arborescentes dont les feuilles en éventail ressemblent à a des fusées qui éclatent )), ses lianes sans fin qui descendent en cascalelles
1. Pour plus de détails, voir Sagot et R\oul, op. cit.^ p. 43, 54. 6i, 71.