‹ Le partage de l'OcéanieChapitre 28 sur 234 · De Sfgur, op. cit., p · texte numérisé non relu

De Sfgur, op. cit., p

de branche en branche ou a forment des claies el des arches de pont aérien », ses lichens dont les fines chevelures d'or font songer à ces toisons de vierges sacrifiées aux divinités de la forêt celtique, la forêt australe suscite toujours chez ceux qui y ont vécu une admiration enthousiaste où ne se mêle pas cet effroi que Ton ressent invinciblement dans la forêt équatoriale.

Un 80US-B0IS DANS LA FORÊT AUSTRALE.

(Tahili.)

(( Les arbres à Técorce lisse dressent leurs fûts marmoréens à de grandes hauteurs, plutôt colonnes d'archilcclures idéales que végétaux monstrueux » ; le feuillage solide et court de leurs cimes (( les font ressembler davantage à des chapiteaux fleuronnés qu'à des bouquets de rameaux naturels »; et leur base, avant de s'enfoncer dans la terre a se mouvementé puissamment, creuse, pour le petit monde des fourmis, des vallées et des courbes entre les arêtes de leurs contreforts inégaux » ; et ainsi, pour nous, la forêt australe « a l'aspect

54 CONDITIONS GÉOGRAPHIQUES DE h\ VIE HUMAINE EN OCÉANIE

d'une robe très ample et très lourde, avec des plis exagérés*. »

Au point de vue éconongiique, ces forôts abondent en essences

précieuses aussi bien pour les travaux de charpente que pour

Une clairière dans la forêt australe.

(Nouvelle-Calédonie.)

la menuiserie ou l'ébénistcrie : cependant, si Ton excepte une ou deux espèces depuis longtemps exploitées, le santal et le pin kauri, par exemple, mais dont l'exploitation a été poursuivie pendant le dernier siècle avec si peu de discernement que

I. Jean Carol, op. cit., p. 4. On trouve d'autres jolies descriptions, in Reeves, op. cit., p. 6 et sq. ; de Ségur, op. cit., p. loo ; et Festetics de Tolka, Chez les Cannibales (Huit ans de croisière dans l'Océan Pacifique, à bord du yacht le Tolna) [Paris, 1908], p. 4i-43.

ces arbres ont à peu près complètement disparu aujourd'hui, on peut dire que l'utilisation des richesses forestières des archipels océaniens n'est pas commencée; tout au plus convientil défaire une légère exception pour la Nouvelle-Zélande.

Si la flore océanienne est relativement riche, la faune, du moins la faune terrestre, est particulièrement pauvre, ce qui s'explique naturellement par l'insularité des terres océaniennes. — En effet, parmi les archipels du Pacifique, ceux qui ont une origine conlinenlale ont été formés à une époque difficile peutêtre à déterminer exactement mais à coup sûr antérieure à l'apparition des animaux supérieurs ; et la mer, qui les a isolés, a toujours constitué un obstacle infranchissable à la dispersion naturelle de ces animaux originaires des continents voisins*. Il ne faut donc pas s'étonner que les mammifères, qui sont, de tous les animaux, les plus utiles à l'homme, manquent dans les lies continentales du Pacifique (Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie, Nouvelles-Hébrides, etc.): c'est à peine si quelques marsupiaux, originaires sans doute d'Australie, s'avancent en Nouvelle-Guinée, dans le Nouveau Mecklembourg et peutêtre jusqu'aux Salomon". A plus forte raison les mammifères sont-ils absents des archipels volcaniques ou coralligènes, de formation plus récente, au sol moins varié et, par surcroît, très isolés au milieu de l'Océan.

On y rencontre seulement des rats, qui ont suivi l'homme dès ses premières migrations, et un genre de chéiroptères, les roussettes, pourvues d'ailes puissantes comme les oiseaux, qu'il ne faut pas s'étonner, par suite, de voir s'étendre jusqu'aux Tonga, aux Samoa et même jusqu'à la petite île de Christmas\

1. Sur Tocéan considéré comme obstacle à la dispersion des animaux, en général, cf. Wallace, Island Ufe, p. 78 et sq.

a. Mbinicke, op. cit., I, p. 3o.

Page 1