Trouessart, op. cil. y p. i^i
3. De Quatrefaces, Hommes fossiles et hommes saui^ges [Paris, 188^1], p. 437 cl sq.
LE CLIMAT. LA FLORE ET LA FAU!fE 67
duits, comme la plupart des plantes cultivées, par les hommes eux-mêmes, qui, « portés par delà les détroits et les grands bras de mer par les ailes de leurs bateaux, ont graduellement colonisé presque toutes les îles de l'immense Océanie* ».
La faune marine, par contre, est prodigieusement riche ^ On peut négliger la baleine, autrefois très abondante, et dont la pêche fut très active dans le Pacifique nord et sud\ mais que les engins modernes perfectionnés ont obligée aujourd'hui à se réfugier vers les régions polaires, où il est didicile de l'atteindre. Il faut citer, en tous cas, une multitude doiseaux marins tels que les albatros, les frégates, les phaétons. par exemple, qui, doués d'un vol puissant, sillonnent en tous sens l'immensité du Grand Océan. Ils suivent volontiers les navires, dessinant dans les airs mille zigzags, sans se laisser néanmoins dépasser, même par les plus rapides vapeurs ; de temps en temps, ils viennent se reposer un moment sur les vergues des mats pour reprendre bientôt leur vol. Ils s'arrêtent aussi sur les atolls et par leurs excréments ou même leurs ossements désagrégés, lorsqu'ils y meurent, y produisent le guano, seule richesse de certains îlots du Pacifique (Chesterfield, Iluon, etc.)\
Il faut rappeler surtout l'extrême richesse fauniquc que présente le monde du corail sur les côtes bordées de récifs ou dans les lagons des atolls. L'eau y est d'ordinaire si limpide que TcBil plonge aisément jusqu'au fond et peut y scruter jusqu'au moindre détail au milieu des algues « qui oscillent vaguement
1. É. Reclus, op. cit., p. 5a. Sur celte diffusion des animaux utiles en Océanie, voir aussi de Quatrefaces, Hommes fossila ... , p. /|og.
a. L*Océanie appartient au domaine de la faune marine indo-paciQquc, la plus riche de toutes, qui parait avoir pour foyer principal TOccan Indien et s'étend de la mer Rouge jusqu'aux archipels extrêmes du Pacifique oriental (Hawaii et Marquises), sur une largeur do plus de ao degrés de latitude de chaque coté de Téquatcur. Trouehsart, op. cit., p. aga.
3. On trouvera dans V Atlas do la Deutsche Seewarle une carte (n<> 3i)de la répartition des différentes espèces de baleines dans le Pacifique: la zono proprement tropicale n'est occupée que par des cachalots.
4> Ce guano est d'autant plus riche en éléments ferlilisatcurs qu'il est moins exposé au lessivage des pluies. Voir, sur ce point, Dehékaix, op. cit., p. 695-9.
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comme des lanières luisantes sous la réverbération des eaux )). On y voit des choses étranges évoluer lentement: <( des êtres diaphanes flottent sans but, des masses difformes hantent ces parois ; des tentacules, des bras, des pinces s'étirent, s*allongent et sortent de trous noirs*. » Des milliers de poissons aux couleurs les plus diverses (rouges, verts, bleus, etc.) circulent, par troupes nombreuses, dans Tenchevêtrement complique des rameaux de corail : la plupart ont la chair excellente. Les mollusques, les crustacés, les biches de mer^ mêmes, que Ton rencontre en grande quantité, peuvent constituer aussi une part importante de Talimentation, sans parler du profit que Findustrie peut retirer, en certains parages, des huîtres nacrières, dont les écailles brisées miroitent au fond de la mer et lui donnent tout Téclat d'un tapis de joyaux. Telles sont les ressources naturelles que présentent les archipels océaniens. Quelques îles, plus favorisées, possèdent en outre des richesses minières, mais celles-ci n'ont été exploitées qu'à une époque toute récente ; et les ressources spontanées de l'agriculture et de la pêche ont été, au contraire, jusqu'au dernier siècle, l'aliment, pour ainsi dire exclusif, des populations qui occupaient l'Océanie avant l'arrivée des Européens.
I. Le P. Hartzbr, op. cit.^ p. aia. Lire aussi la description de la lagune de Fanning, in Festetics de Tolwa, Chez Us Cannibales.,., p. 43.
a. Sur ces animaux curieux, à Taspect de boudins, et qu'on appelle aussi holothuries, tripangs (ou trépangs), lire Brau de Saint-Pol Lias, Atché et Pérakin Bullelin de la Société de géographie de Paris» i885, p, 5o8-5o9.