‹ Le partage de l'OcéanieChapitre 41 sur 234 · Lire, à ce sujet, Ellis, op. cit., I, p. io3 et sq · texte numérisé non relu

Lire, à ce sujet, Ellis, op. cit., I, p. io3 et sq

4. Les témoignages des navigateurs du xviiie siècle abondent sur la cruauté des Océaniens. Lire en particulier ceux de Byron, Carteret et Gook, in HawkeswoRTH..., 1, p. ia5, 1A9-150, 285-6; III, p. 5o; IV, p. i53 et sq. — Cf. aussi J.-B. De Lesseps, Relation du voyage de La Pérousey p. 325 et sq.

5. Les expéditions des Tongiens contre les Fijiens sont particulièrement célèbres. Cf. CoLQHOUN, op. cit., p. 173.

Les Océaniens, qui baptisaient parfois leurs dieux de noms signilicatifs (dieu du massacre, dieu mangeur de cervelles humaines, etc.), croyaient qu'il était sacrilège de ne pas oflrir à la divinité des sacrifices sanglants : leur religion enseignait que les hommes qui n'avaient jamais tué étaient, après leur mort, jetés en pâture aux requins. Ils s'imaginaient volontiers aussi qu'en mangeant certaines parties du corps humain ou seulement en buvant le sang de quelqu'un, ennemi ou ami, parent même, on s'appropriait ses vertus et ses qualités : et ainsi, ils conservaient leurs instincts de férocité cannibale non seulement dans leurs luttes incessantes d'île à île ou de tribu à tribu', mais encore sur la même île, au sein de la même tribu, où les fêtes se terminaient ordinairement par des rixes et des massacres, et jusque dans la famille, où l'infanticide était regardé comme un glorieux devoir*.

On tuait les enfants à seule fin de s'éviter la peine de les élever : à la moindre incartade, et pour peu qu'ils fussent un instant trop désagréables, ils étaient, dans certains archipels, noyés comme de petits chiens'. Ailleurs, on les tuait « pour en faire les anges gardiens de la famille auprès des génies du ciel^ », ou pour s'élever dans la hiérarchie sociale: dans les îles de la Société, il existait une secte spéciale, les Arioï, avec ses initiations, ses mystères, sa hiérarchie, et dont l'accès était réservé aux seuls parents ayant tué leurs enfants*. L'admission au nombre des Arioï était considérée comme un grand honneur, et rappellalion la plus méprisante qu'on pût infliger à une femme était précisément celle de « femme qui sauve son enfant*. » Les filles, qui ne pouvaient pas, comme les garçons.

I. IIagen, Les indigènes des îles Salomon, in V Anthropologie y 1898, p. 3-4. a. Eli.is, op. cit., I, p. 3^8 et sq.

3. L'Anthropologie y 1901, p. a3i (d'après une cludc ethnographique de Par- KrNsoN, sur la Nouvelle-Guinée).

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