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5. Lire, sur ce point, des détails très nombreux et puisés à bonne source in De QuATREFAGES, Hommcs fossUes . . . , p. 229 et sq. Cf. aussi Hagen, art. cité (^L'Anthropologie, 1898, p. 3).
LES POPULATIONS ITfDIGÈriES 9I
gens de sac et de corde, ils ne reculaient devant aucune atrocité pour se procurer sans dépense leur chargement de bois. Témoins ces équipages de deux navires anglais qui, en i842, abordant à une île des Nouvelles-Hébrides, répondirent par une salve de mousqueterie au refus des indigènes de laisser abattre leurs arbres sans indemnité et enfumèrent dans une caverne ceux que la fusillade n'atteignit pas. — D'autres venaient recruter des travailleurs pour les plantations lointaines d'Amérique ou d'Australie. Au début, ils engageaient les indigènes pour un temps déterminé, moyennant un salaire fixé d'avance, et se chargeaient de les rapatrier. Mais bientôt l'appât du gain transforma ce recrutement en une véritable traite qui fit appeler ces « négriers », même dans les actes officiels, des kidnappers, c'est-à-dire « vofeurs d'enfants ». La cruauté des kidnappers dépassait encore celle des voleurs de bois de santal, et l'on a relevé contre eux une multitude d'actes de barbarie qui ajoutent « une page de plus à la sombre et parfois efiroyable histoire des rapports de la race blanche avec les races inférieures»*. Un de leurs procédés consistait à approcher des canots montés par les indigènes et à les briser ou à les faire chavirer en y lançant de lourdes masses de fonte. Les malheureux naufragés, que l'on pouvait alors aisément capturer, étaient ensuite entassés pêlemêle dans la cale du navire, oii, privés d'air et d'espace, ils devaient souvent rester plusieurs jours. On ne leur permettait pas de se plaindre : parfois même, au moindre bruit on les fusillait au hasard et à bout portant. Sans doute les kidnappers sont rares aujourd'hui ; mais le recrutement subsiste et, s'il s'opère dans des conditions plus humaines, il n'en a pas moins amené dans certaines îles l'extinction graduelle de tribus entières.
Aujourd'hui la population indigène des archipels océaniens peut être évaluée à un peu moins de 2 millions d'individus