‹ Le partage de l'OcéanieChapitre 46 sur 234 · DENSITÉ · texte numérisé non relu

DENSITÉ

rAB KlfQ.

Nouvelle-Guinée

Archipel Bismarck

Iles Salomon

Nouvelle-Calédonie et dépendances 2.

Iles Fiji et Rotumah^

Nouvelle-Zélande*

Iles Mariannes

— Carolincs

— Marshall

— Gilbert

— Ellice

— Union

— Tonga

— Samoa

— Cook

— de la Sociélc »

— Marquises '»

— Tuamotu^. .

— Hawaii^

4oo

3oà35 000

4Si43 10900 39000 i3 600 37 000

3 5oo

5oo

i/là 1,7

Le contraste que révèle ce tableau entre la densité des grandes îles (Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Calédonie, etc.) et celles des petites (Ellice, Gilbert, etc.) n'a rien de surprenant. Les indigènes vivant surtout sur les côtes, il est naturel

I. Sauf indication contraire, les chiffres qui suivent sont empruntés aux tableaux précités do Slpaw (Die Bevoikerung der Erde, XI, p. 94). On a conservé les chiffres globaux, sans distinguer la population étrangère de la population indigène, sauf en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Calédonie, aux Fiji et aux Hawaii, car c'est seulement dans ces îles que la population étrangère mérite de ne pas être négligée.

•X. Les chinVcs de superficie et de population sont empruntés à P. Pelet, Allas des colonies françaiseSy p. 70.

3. Le chifl're de population est emprunté au Colonial fîeportSt n° 399, p. 18 (recensement du 3i mars 1901).

4. Le chiffre de population est emprunté au i\ew Zealand Officiai Year-Book, 1903, p. 108 (recensement du 3i mars 1901).

5. Les chiflrcs de superficie sont empruntes à P. Pelet, op. cil., p. 73 ; ceux de la population à V Annuaire de Tahiti, i9o4t p- aai (recensement du 3o juin 1903). Il ne s*agit, ici aussi, que de la population indigène.

6. Le chiffre de population est emprunté à VHawaiian Annual, 1904, p. 18.

que les îles qui ont proportionnellement à leur surface le plus long développement côtier, c'est-à-dire précisément les petites îles coralliennes, aient une densité de population plus forte. Mais si Ton considère le chilTre brut de la population, on voit que nulle part il n'est considérable.

Les indigènes eux-mêmes constatent, non sans mélancolie, leur disparition progressive et rapide. « L'œil du blanc tue le noir», disent les Canaqnes de la Nouvelle-Calédonie ; « noire rat, disent à leurs maîtres les Maoris de la Nouvelle-Zélande, est mangé par le rat d'Europe ; notre mouche fuit devant la vôtre ; et nous-mêmes nous serons remplacés par vous. Comme le trèfle a supplanté la fougère, ainsi les Maoris seront supplantés par les Européens. ))^ — Et telle est bien l'impression qu'on éprouve aujourd'hui en traversant leurs villages. Le pittoresque merveilleux du décor où ils sont ordinairement situés rend plus saisissant encore le contraste entre la Nature tropicale si exubérante de richesse et de vie et ces populations misérables qui achèvent de mourir.

Qu'il y ail lieu, au point de vue philosophique, de regretter la disparition de populations que les voyageurs nous ont dépeintes, en certains archipels, comme douées de qualités intellectuelles et même d'un sentiment artistique ou poétique parfois très délicat ', c'est ce qu'il ne convient pas d'examiner ici. Il suffit d'avoir marqué comment, peu à peu et fatalement, les insulaires de l'Océanie cèdent le pas aux nations civilisées. Même dans les îles où ils se mélangent avec les nouveaux venus, ils perdent de plus en plus leurs caractères ethniques distincts ; et, d'ailleurs, ces métis ne paraissent jamais devoir être assez nombreux pour jouer, a eux seuls, un rôle prépondé-

1. Sur cette disparition des espèces locales, végétales ou animales, comme sur celle des indigènes eux-mêmes, lire db Quatrefages, Hommes fossiles. ..^ p. 4iO.

2. Lire, en particulier, Ellis, I, p. igS et sq. ; de Quatrefages, Hommes fossiles..., p. 378 ; de Ségl'r, op. cit., p. 3o(5-207 ; Festetics de Tolna, Che: les C'annibales..., p. 3o, etc.

94 COIVDITIONS GÉOGRAPmgUES DE LA VIE HUMAINE EN OGÉANIE

rant dans la vie politique ou économique d'aucun archipel océanien*.

Un village dans la forêt.

(Fiji.)

La vérité est que, pour lOcéanie, une « ère moderne » a commencé, dont il importe de retracer rapidement Thistoire.

I. Il faut noter, à cet égard, Topinion contraire, mais difficilement admissible, de DE Quatkefages, H îstoire générale des races humaines [Paris. 1889], p. 54i.

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