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Première période

Les navigateurs espagnols : Magellan, Mendana, Queiros. — Les navigateurs hollandais : Le Maire et Schouten, Tasman. — Les résultats obtenus vers i65o.

IL — Seconde période (de 1766 à la fin du XVIII* siècle).

L'interruption des grands voyages de découvertes. — Les navigateurs Français et Anglais : Bougainville. James Cook, La Pérouse. d'Entrecasteaux, Vancouver, Marchand. — Les résultats obtenus à la fin du XVI n* siècle.

La première notion du Grand Océan ou mer du Sud, chez les navigateurs européens, parait remonter à la fin de Tannée i5o2. On la trouve dans une lettre de Christophe Colomb, écrite au cours de son quatrième voyage, effectué dans la

gÔ tE PABTAGE POLITIQUE

région de Panama, et où il dit avoir appris Texistence d'une ville nommée Ciguare, placée sur les bords d'une mer au delà de laquelle les indigènes placent le Gange. Clirisloplie Colomb ajoute que Texactitude des autres renseignements fournis par les indigènes le fait croire à la véracité de celui-là * ; mais ni lui ni ses successeurs immédiats ne virent cette mer inconnue. C'est à Nunez Balboa — et non, comme on la voulu quelquefois, au sieur Paulmier de Gonneville' — qu'il convient d'attribuer l'honneur de celle découverte'*.

Le 25 septembre i5i3, du sommet des hauteurs qui dominent à l'Est le golfe de Panama, Balboa vil la mer se déployant vers le couchant dans un lointain horizon. Transporté de joie ace speclaclc inattendu, il tomba à genoux et rendit grâces à Dieu ; puis, descendant vers la plage avec ses compagnons, il entra dans Teau jusqu'aux genoux et, Tépée nue à la main, il prit solennellement possession, au nom des souverains de Caslille, de ce nouvel Océan et de toutes les terres qu'on y pourrait découvrir*.

La découverte du Grand Océan par Balboa lut un précieux encouragement pour les Espagnols qui, depuis plusieurs années déjà, recherchaient par le Sud-Ouest un passage vers les Indes". Dès la fin de i5i5, Juan Diaz de Solis partait avec

1. R. -H. Major, Select letlers of Columbus [HaUluvl Society, London, 18/17),

a. Bou(iA.iNviLLK, op. cU., Discours préliminaire, p. 8-9.

3. Lord Amherst of Hackney and Basil Thomson, Tlie discovery ofthe Sohmon hlands by Alvaro de Mendana (HaUuyt Society, London, 2 vol., 1901], I, Introd., p. Il, n. I.

4. Vivien de Saint- Martin, Histoire de la yéographie et des découvertes géographiques depuis les temps les plus reculés jusquW nos jours [Paris, 1873], p. 362-3.

5. Sur ces tentatives, voir A. Rainaud, Le continent austral [PArisy 1893], p. 23o-2.

LES VOYAGES DE DÉCOtVERTES DU XV!** AU XVIU* SIECLE 97

trois caravelles. 11 avait pour mission de rechercher s'il n'existait pas quelque « ouverture », permettant d'atteindre cette mer du Sud récemment aperçue par Balboa. Diaz de Solis crut trouver cette « ouverture » dans le large estuaire qu'un de ses successeurs appela Rio de la Plata, et dont il commença la reconnaissance. Mais il mourut dans une rencontre avec les indigènes, et ses compagnons échappés au massacre se hâtèrent de revenir en Espagne ' .

Le premier voyage à travers le Grand Océan fut accompli par Magellan. D'origine portugaise, il offrit ses services, en octobre i5i 7, aujeune roi d'Espagne Charles I", le futur Charles- Quint, lui proposant d'atteindre le « pays des épices » par cette route nouvelle, pressentie depuis peu par les navigateurs, au sud-ouest de l'Atlantique, et qu'il disait plus courte que la route de Vasco de Gama par le sud de l'Afrique. Plus heureux que Christophe Colomb, Magellan n'eut pas à lutter longtemps, semble-t-il, contre l'hostilité des savants ou des grands: le 22 mars i5i8, des lettres royales, signées àValladolid, le chargeaient officiellement de réaliser son projet *.

Il partit de San Lucar de Barrameda, le 20 septembre i5i9, avec une escadrille de cinq navires*. En décembre, il abordait à la côte du Brésil, non loin de Rio-de-Janeiro. Après s'être assuré que l' « ouverture » découverte par de Solis ne pouvait être qu'un estuaire et non un détroit, il continua sa route vers le Sud ; mais la saison trop avancée ne lui permit pas de poursuivre plus loin : il dut hiverner cinq mois au port Saint- Julien. — En août i520, il reprit la mer; le 21 octbore il arrivait en vue du cap des Onze-Mille-Vierges, ainsi nommé par

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