‹ Le partage de l'OcéanieChapitre 49 sur 234 · Ibid., p. lao et sq · texte numérisé non relu

Ibid., p. lao et sq

6. PicAFETTA, op. cit.f préfacc du traducteur, p. xl (d'après Pierre Martyr d'Aogliera).

LES VOYAGES DE DÉCOUVEUTES DU XVr AU XVIIl'' SIECLE QQ

presque aussitôt abandonnée. L'insuccès complet de Texpédilion de Loaysa, qui, six ans plus tard, essaya de suivre le même itinéraire, acheva de détourner Tattenlion des Espagnols du passage S.-O. Aussi bien, ce que Magellan avait recherché, c'était surtout une route plus courte pour aller aux pays des épices ; or les Espagnols installés désormais au Mexique et au Pérou avaient tout avantage à partir des côtes américaines du Pacifique, et, profitant des vents et des courants, à se diriger tout droit vers les Philippines: en même temps, ils évitaient les dangers de la traversée du détroit de Magellan.

Les premiers voyages se firent au nord de la ligne équatoriale, presque toujours entre Acapulco et Manille. Ils amenèrent d'importantes découverles, ajoutant successivement au monde connu: la Nouvelle-Guinée (Jorge de Ménésès, i526); les Marshall (Fernando Grijalva et AlvaVado, i537); les Palaos (Villalobos, i543) et les Hawaii (Juan Gaetano, i555) *.

Les archipels situés au sud de Téquateur ne furent aperçus qu'a partir de la seconde moitié du xvi" siècle. — Leur découverte se rattache très étroitement à Thypothcse du continent austral * dont les richesses présumées excitaient surtout les convoitises ardentes des Espagnols installés au Pérou. « Ils avaient trempé le bout de leurs doigts dans Tor, ils brûlaient du désir d'y plonger leur corps tout entier, comme le roi de Bogota dont l'histoire hantait alors les esprits^. » Dans les cabarets, sur les places publiques, partout il n'était question que d'expéditions à organiser dans ce Grand Océan mystérieux et fascinateur. Mais les guerres civiles qui ensanglantèrent le Pérou après la mort de Pizarre ne permirent pas, de longtemps, la réalisation de ces projets ; et c'est seulement à la fin de

1. Sur les premiers voyages de découverles dans le Pacifique nord, lire \. Rai- ?(At'D, op. cit., p. 370 et sq. et Lohd \miiehst of IIackney and Basil Tiiomson, op. cit. y Introduction, p. 11 et sq.

2. Sur les hypothèses formulées cl les découvertes accomplies au sujet de ce continent austral, hre le livre déjh cité de A. Raixai d.

3. Lord Amiikrst of IIack.ney, op. cit.. Introduction, p. iv.

lOO l.E PARTAGE POLITIQUE

1667 que l'on put reprendre l'idée des voyages de découvertes dans le Pacifique.

Le 19 novembre 1667, le neveu du gouverneur du Pérou, Alvaro de Mendana, auquel on avait adjoint pour second Sarmiento, part de Callao, avec deux navires. Il voit le groupe actuellement connu sous le nom des îles EUice et les îles de lord How^e, aborde aux Salomon, qu'il visite presque toutes (février-août i568)\ et revient au Pérou l'année suivante. — Plus de vingt-cinq ans après, en avril iSgB, il entreprend un second voyage d'exploration ^ A mille lieues de Lima, et par lo* de latitude Sud, il découvre une traînée d'îles qu'il appelle Marquises de Mendoza, en l'honneur du vice-roi du Pérou*; puis, reprenant sa route vers l'Ouest, dans la direction supposée des Salomon, il rencontre une île volcanique (Santa- Gruz), mais il meurt et Queiros ramène l'expédition à Callao, sans avoir pu retrouver, malgré ses efforts, les Salomon.

Quelques années plus tard, en i6o5, Queiros prend de nouveau la mer, dans l'espoir de découvrir le continent austral, à la recherche duquel il va désormais « consacrer toutes ses forces et toute sa vie », avec la foi ardente d'un chevalier du moyen âge *. Il traverse d'abord le groupe des Tuamotu et des îles de la Société^ ; le 27 avril 1606, il arrive en vue d' a une grande terre avec de grandes chaînes de montagnes », qu'il croit être le continent tant désiré. Il en prend possession au nom du Saint-Esprit, de l'Eglise catholique, du roi d'Espagne, de l'ordre de Saint-François dont il avait six religieux avec lui,

I. Pour le détail des découvertes dans Tarchipel des Salomon, lire Lord Amherst

OF HaCKNET, op. cit.f p. XXIX-XLVII.

a. Cf. Zahagoza, Ilistoria dcl descubrimiento de las regiones Austriales hecho por et f^eneral Pedro Fernandez de Queiros [Madrid, 187C, 3 vol.], I, p. aS-iga.

3. Lire G. Marcel, Mendana et la découverte des MarquiseSi in Bulletin de la Société de géographie de Paris, 1898, p. 59-88.

4. A. Rainauo, op. cit., p. 3ao. — Le récit de ce voyage se trouve in Zahagoza, op. cit., 1, p. 192-375.

5. On a cru longtemps, mais à tort, que Tile à laquelle Queiros donna le nom de Sagittaria était Tahiti. Lire sur ce point une note de Tamiral Wharton, in The Geographical Journal, 190a, 11, p. 207-9.

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