I. De Lesseps, op. cit., p
a. Byhon, Voyage autour du monde fait en 1^64 et J767 sur le vaisseau de guerre anglais Le Dauphin, commandé par le chef d'escadre Byro:< [Paris, 1767, traduit do l'anglais], p. 221, n. i.
LES VOYAGES DE DÉCOUVERTES DU XVl" AU XVIir SIÈCLE I 1 5
^apparitions fantastiques, des nuées de l'horizon simulant des récifs, des forêts et des villages*. » — Il était arrivé fréquemment aussi que des archipels, se dédoublant aux yeux des navigateurs qui croyaient les avoir vus en des endroits différents, avaient reçu plusieurs noms. « L'emploi des méthodes astronomiques mit un terme à cette fluctuation des îles océaniennes*. ))
Cependant, pas plus à la fin du xviii* siècle qu'au milieu du xvn*, on n'a commencé la colonisation proprement dite de rOcéanie. Les rares entreprises commerciales qui ont pour théâtre le Grand Océan sont dues seulement à l'initiative privée : c'est ainsi qu'en 1786 se forme, k Boston, une compagnie d'armateurs et de négociants, en vue de la récolte du santal dans les archipels océaniens (surtout aux Hawaii), et de la pêche de la baleine ou de la nacre'. Mais aucune nation n'a fondé encore d'établissement important. Des quatre puissances qui ont contribué à la découverte, seule, l'Espagne a tenté un commencement d'occupation. Elle a envoyé successivement des missionnaires aux Mariannes (1668), aux Palaos (17 10), à Tahiti (1774), et même a établi un gouverneur aux Mariannes, •dans l'île de Guam^; mais les missionnaires ont été massacrés, ou ont dû renoncer à se maintenir dans ces îles, et les gouverneurs, par leur despotisme et leur avidité, n'ont fait que hâter la dépopulation et la ruine des archipels. La Hollande, exclusivement absorbée par le développement de ses colonies de l'Insulinde, n'est pas encore installée dans la partie occidentale de la
I. É. Reclus» op. cil. y p. i3. — Sur l'histoire très curieuse des lentalives de 4c redécouverte » des Salomon, lire Lurd Amhkrst of Hacknet» op. cit., Introd., ç. LXix et sq.
a. É. Rbclus» op. cit., p. i3.
3. Garpenter, America in Hawaii [London, 1899], p. 39. Cf. aussi Vancouver, ^p. cit.^ I, p. aa3, sur les entreprises des États-Unis dans l'archipel hawaïen.
4. Db Brosses (pp. cit., Il, p. 46o et sq.) donne en appendice quelques lettres des premiers missionnaires établis aux Palaos ou aux Carolipes et des renseignements -sur Tétablissemant des premières missions aux Mariannes. Voir aussi le P. Hvrtzer, 'Op. cit., p. 16 et sq.
Il6 LE PARTAGE POLITIQUE
Nouvelle-Guinée. L'Angleterre, en 1788, a choisi un point de la côte occidentale de l'Australie, Botany-Bay, comme lieu de déportation de ses criminels ; mais rien ne peut faire prévoir, alors, que ce bagne sera l'origine des puissantes colonies^ australiennes dont la sphère d'influence et le rayonnement économique s'étendent aujourd'hui sur tout le Pacifique sudoccidental. C'est seulement dix ans plus tard, au moment de l'envoi des premiers missionnaires à Tahiti, que l'on peut deviner la trace de préoccupations politiques et commerciales * . Quant à la France elle n'a envoyé en Océanie ni missionnaires ni convie ts.
Ce n'est pas que des projets de colonisation n'aient été mis en avant. Un des premiers, au début du xviu® siècle, Roggeveen s'étonne qu'aucune puissance n'ait encore sérieusement songé à la conquête des îles océaniennes, et il indique les moyens qui lui paraissent les plus propres à vaincre les difficultés qui se sont jusqu'alors opposées à cette conquête ^ A son tour, le président de Brosses, dans son livre si curieux, tout en déclarant que les préoccupations scientiflques doivent tenir la première place dans la découverte des « terres australes », affirme que la France aurait le plus grand profit à tirer de la découverte, au point de vue de la colonisation. Non seulement, dit-il, on pourrait choisir quelques-uns de ces territoires comme établissements pénitentiaires, mais il serait très facile d'y organiser des comptoirs de commerce, d'y créer des plantations. Entre toutes ces régions australes, l'Australasie, c'est-à-dire la région du Pacifique occidental, surtout la Nouvelle-Bretagne (Nouvelle-Poméranie), lui paraît présenter les plus sérieux avantages; et il trace un excellent programme de colonisation, rempli d'observations très justes et de conseils pratiques sur la qualité des émigrants à envoyer, sur la manière de se conduire avec