‹ Le partage de l'OcéanieChapitre 6 sur 234 · I. Sii:vRK8, op. cit., p · texte numérisé non relu

I. Sii:vRK8, op. cit., p

LES ARCHIPELS OCEAWIEISS

Quelque suggestif cependant que puisse olre le simple aspect d'une carte, il est évident qu'il faut recourir à d'autres ordres de faits pour vérifier Thypothèse d'un continent mélanésien submergé. C'est, en particulier, à la constitution géologique des archipels du Pacifique sud- occidental ; c'est aux phénomènes volcaniques qui s'y manifestent; c'est à la profondeur des mers qui les entourent, qu'il faut demander les seuls arguments probants et concluants en faveur de cette hypothèse.

Depuis longtemps déjà, les grandes ressemblances qui existent entre les deux archipels de la Nouvelle-Zélande et de la Nouvelle-Calédonie ont permis d'affirmer que les Iravaux du Geological Survey du premier sont les meilleurs guides pour l'étude de la constitution géologique du second*. Dans l'un et l'autre archipel, en effet, c'est la même abondance de roches éruptives, c'est une identité à peu près complète des terrains sédimentaires triasiques, jurassiques et crétacés ^ — L'état avancé de destruction des terres situées au nord et à l'est de la Nouvelle-Calédonie, en même temps que l'insuffisance de nos connaissances sur ces archipels, n'autorisent pas des affirmations aussi rigoureuses au sujet de leur structure commune ; cependant, aux Nouvelles-Hébrides ^ aux Salomon \ dans l'archipel Bismarck\ en Nouvelle-Guinée ^ aux Fiji \ partout on a

1. E. Hkuktkav, Rapport au ministre de la Marine et des (colonies sur la constitution fféologifiue et les richesses minérales de la Nouvelle Calédonie, in Annales des Mines, 7C série (Mémoires), IX, 1876, p. 25 1.

2. On trouvera dans Suess, La Face de la Terre (Irarltiction E. de Margcric, Paris, 1897-1902, 3 vol.], II, p. 281 cl sq., 261 el sq., un bon résume de nos connaissances géologiques sur la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-(]alédonic. Il y a deux bonnes cartes et de très précieuses noies bibliographiques ducs en grande partie au traducteur, M. A.. Bernard.

3. Imhaus, Les Nouvelles- Hébrides [Paris, 1890). p. 112 (d'après l'ingénieur Levât).

4. GupPY, The Solomon Islands^ their geology [Londont 1887], p. tô et 33.

5. Pflûcek, Einicje geologische Bvmerkunrjen iiber den Hisniarck Archipel in Mitleilungen von Forschungsreiseriflen und Gelehrten aus den Deutschcn Schutzgebielenj XIV, 1901, p. i3i.i38.

6. MaoGkegor, Rritish New Guinea, in The Scoitish Geographical Magazine, 1896, p. 163; LAUTEHBAcn, Die geographischen Ergebnisse der Kaiser W'ilhelms-Land-Expedition, in Zeitschrift der Geselhchaft fàr Erdkundc zu Berlin, 1898, p. 1^9 el 159.

7. Mei.mckf., Die insein des Stillen Ozeans [Leipzig. 1876, 2 vol. in-S»], II, p. 2. Thomson, The land of Viti, in The Scottish Geographical Magazine, 189^, p. 129,

uigmzed by VjOOQIC

. relevé la présence des mêmes roches éruptives anciennes (porphyres graniloïdes, serpentines) et des mêmes roches sédimentaires plus ou moins métamorphisées (micaschistes, schistes cristallins, quartzites, etc.). On note ainsi entre ces divers archipels une grande analogie qui permet de supposer qu'ils sont la continuation les uns des autres '.

De plus, l'activité volcanique se manifeste souvent très intense sur tout le pourtour de la ligne que jalonnent l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, les Tonga, les Nouvelles-Hébrides, les îles Banks, les Salomon, l'archipel Bismarck, et l'on sait les relations étroites qui existent entre les manifestations volcaniques et les dislocations du sol.

Dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, du massif du Ruapehu au cône du Whakari, suivant un axe orienté du S.-O. au N.-E., c'est une succession de montagnes de cendres et de scories, de cratères souvent encore fumants, de lacs volcaniques, de sources thermales, de solfatares, de geysers, dont le nombre prodigieux, et sans exemple dans le reste du monde*, faisait dire à la légende ïnaorie qu'une galerie souterraine unissait le Whakari au Ruapehu, par où les messagers des dieux portaient le feu sacré aux volcans du centre de l'île ^. Il y a moins de vingt ans, en 1886, une éruption terrible, celle du TaraAvera,ade nouveau bouleversé le pays et détruit, avec trois villages indigènes, les magnifîques terrasses siliceuses du petit lac Rotomahana\ l'une des plus étonnantes merveilles de cette région ^

1. SuEss, op cit., Il, p. a65-6 ; A. Bernard, op. cit.t p. io5-io8.

a. HociisTETTBR, Cité par Wali.ace, Auslralasia, I, p. ^i8. Cf. aussi Lenden- FELD, Der landschaflliche Charakter Neuseelandst in Geographische Zeitschrift, 1908, p. 3/|2-a'i5.

Page 1