II. — Les résultats politiques des missions
Les progrès de Tinfluence anglaise à Tahiti : Pritchard. L'intervention française (1838-1839). — Les progrès de Tinfluence amcriricaine aux Hawaii. L'intervention successive de la France et de TAngleterre (i838-i84o). — L'établissement de l'Angleterre en Nouvelle- Zélande (i84o).
L'exploration du Pacifique avait demandé trois siècles : un seul, le xix% devait suffire aux nations modernes pour le partage des archipels océaniens découverts. Encore faut-il remarquer que ce partage politique n'a commencé, à proprement parler, qu'à une époque relativement récente. Jusque vers i84o, en effet, toute Faction des puissances en Océanie s'est bornée à y favoriser l'établissement de missions chrétiennes. Ces missions continuèrent, en un sens, les traditions humanitaires des navigateurs philosophes du xvm* siècle * ; mais,
I. Quant aux traditions proprement scientifiques, si en honneur également chez ces navigateurs, elles se sont poursuivies, pendant tout le xix^ siècle, par une série
d'autre part, elles préparèrent ou provoquèrent les interventions politiques et armées qui conduisirent aux partages, et c'est pourquoi, dans cette étude sur le partage de TOcéanie, il convient de s'arrêter un instant à la période des missions.
Trois nations sont successivement entrées en scène : l'Angleterre, les Etats-Unis et la France ; — et les conséquences politiques de rélablissement des missions se sont fait sentir surtout dans les trois archipels de Tahiti, des Hawaii et delà Nouvelle-Zélande .
Les dernières années du xviif siècle avaient été marquées en Angleterre par un « réveil de l'Evangile » suscité surtout par les prédications de Whitefield et des Wesley. De grandes organisations religieuses et philanthropiques se formèrent alors, dont Tune, la Société des Missions de Londres ^The London Missionary Society), fondée en 1795, allait jouer un rôle important dans l'histoire de l'Océanie ' .
A peine formée, la Société, sur l'initiative de son principal fondateur, le D' Haweis, décidait que sa première tentative serait l'envoi de missionnaires « à Otaheiti ou à quelque autre des îles de la mer du Sud » (25 septembre 1795)*; et en même temps, elle lançait un appel au public anglais. Cet appel fut entendu : ceux qui voulurent partir comme missionnaires se
de voyages d'exploration qui onl désormais pour objet, non plus la découverte de nouvelles lies, comme au xviii*' siècle, mais Tétudo spéciale de l'hydrographie, de la faune, de la ilore ou de l'ethnographie de tel ou tel archipel déterminé. — On trouvera l'énumcration des principaux de ces voyages d'exploration, in Vivien de Saint- Maktin, Xouveau Dictionnaire de géof/raphie..., v® Océanie et Pacifique, et Sievers, op. cit., p. 28-81 .
1. Pour toute cette partie historique, on consultera avec fruit Lovett, The history of the London Missionary Society (T/^J-iS^J) [2 vol. London, 1899]. Le premier volume seul intéresse l'Océanie.