De Varicny, Quatorze ans..., p. aoa
LA PÉRIODE DES MISSIONS (lyQyiS^o) I2g
à peu près la suivante ' : une forte passion d'indépendance tenait les îles en luîtes incessantes les unes contre les autres ; la souveraineté nominale appartenait à Tahiti, à cause de son étendue, de sa richesse et du nombre de ses habitants ; mais, à Tahiti même, de fréquentes querelles s'élevaient entre les chefs des différents districts; cependant l'un d'eux, Pomaré*, entreprenant et ambitieux, s'était assuré, grâce au concours de marins européens, une situation prépondérante et prétendait garder à son profit l'autorité suprême.
Les missionnaires, qui pendant dix ans n'opérèrent pas une seule conversion et furent même en butte aux hostilités des indigènes, demandèrent à la politique le secours que la persuasion seule ne pouvait leur donner. Ils prirent parti pour Pomaré qui leur confia l'éducation de son fils ; et lorsque celui-ci succéda u son père (3 septembre i8o3), ils Taidèrent à vaincre les autres chefs, ses rivaux. La victoire de Pomaré II (i8i5) assura le triomphe du christianisme : au début de i8i4, on comptait 3oo chrétiens à Papeete ; dans le courant de 1816, les conversions, à l'exemple du chef, se multiplièrent au point que tout l'archipel était protestant, au moins de nom.
Ce premier succès enhardit les missionnaires. Jusque-là ils avaient cherché seulement à établir et à consolider la suprématie de Pomaré sur tous les chefs. Une fois cette suprématie définitivement affermie, ils voulurent organiser le gouvernement tahitien en le plaçant aussi étroitement que possible sous leur dépendance. C'est à cette œuvre que les missionnaires John WiUiams et EUis, arrivés en 181 7, allaient attacher leurs noms.
En 1818, ils forment une Société auxiliaire des Missions, dont le but était de faire le commerce dans tout l'archipel et de per-