I. Cf. Ellis, op, cit., 11, p. 33 et sq
a. L'élymologie de ce nom est assez curieuse. Pomaré veut dire litléralement nuit (po) de la toux (maré). C*est le nom sous lequel les serviteurs du chef désignèrent certaine nuit où, forcé de camper dans la montagne, celui-ci s'était enrhumé. Le son de ces mots lui plut et il les adopta pour son nom. Cf. Ellis, op. cit., II, p. 70.
Part, dx l'Ogéakie. 9
l3o LE PARTAGE POLITIQUE
cevoir des contributions en nature qui étaient envoyées à la Société des Missions de Londres, pour la propagation de rÉvangile\ Ils obtiennent ensuite du roi qu'il prendra l'habitude de les convoquer, avec les grands chefs, en une assemblée générale où seront décidées les meilleures lois à adopter pour le bien de rÉtat. Sous leur inspiration, un Code est promulgué pour Tahiti*, puis successivement adopté par les chefs et les peuples deTahaa, Borabora, Maupiti, Huahine^ A la mort de Pomaré II (7 décembre 1821), ils font reconnaître et consacrer son fils, encore enfant, avec des formes inusitées, sous le nom de Pomaré III*. Enfin, ils donnent au peuple une sorte de gouvernement représentatif, par l'institution d'un Parlement triennal dont les membres, élus k raison de deux, trois ou quatre par district, proposaient ou approuvaient les lois, sous la sanction du roi.
Vers la fin de 182^, arrive un homme dont le rôle devait être, par la suite, considérable, et que le Missionary Register ne désigne pas autrement que comme étudiant du séminaire de Gosport^: c'est Pritchard. Avec lui commence une nouvelle période dans Thistoire de Tahiti. Tous les efforts de Pritchard, en effet, vont tendre à placer Tahiti sous la dépendance, non plus de la Société des Missions de Londres, mais du gouvernement anglais lui-même.
Il a d'abord recours à l'intimidation. En 1826, de connivence avec Pritchard, le capitaine Beechey, commandant le navire de guerre anglais le Blossom, oblige Pomaré III à rapporter un édit par lequel il avait voulu imposer les pécheurs d'huîtres perlières et qui irritait les Anglais établis dans l'île. Peu après.
1. Lire in Ellis, op. cit , II, p. a65 et sq., le récit de la formation de cette Société, le i3 mai 1818, et le résumé du discours prononcé en la circonstance par Pomaré 11.