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VlNCENDO:i-DuMOULIN, Op cU-t p

LA PÉRIODE DES MISSIONS (1797-1840) l3l

Pomaré, sur Tinsistance de Prilchard, demandait à Londres rautorisation d*arborer le pavillon anglais. Mais, fidèle à sa politique de non intervention, Canning répondit le 3 mars 1827 : (( Sa Majesté m'ordonne de vous dire que, bien que la coutume de l'Europe lui défende d'acquiescer à vos vœux, sous ce rapport, Elle s'estimera heureuse de donner, à vous et à vos domaines, toute la protection que peut accorder Sa Majesté à un pouvoir ami, à une si grande distance de son royaume\ »

L'influence anglaise commençait donc à s'établir très fortement à Tahiti, lorsque les premiers missionnaires catholiques français y arrivèrent en i836'. Aussi, à peine les RR. PP. Laval et Caret étaient-ils débarqués, que Pritchard, devenu le principal conseiller du gouvernement tahitien, les faisait brutalement expulser (12 décembre 1 836). Dans le courant de l'année suivante — et comme si le gouvernement britannique voulait exprimer par là sa satisfaction et sa reconnaissance — Pritchard était investi des fonctions de consul anglais dans l'archipel de la Société^.

La France, cependant, ne pouvait laisser passer sans protester l'expulsion de ses missionnaires. Le 4 septembre i838, le capitaine de vaisseau Dupetit-Thouars, commandant la Vénus, conclut avec la reine Pomaré IV — qui avait succédé à son frère Pomaré III en 1837 — une convention garantissant la liberté la plus complète aux Français, à Tahiti, et leur assurant le traitement des étrangers les plus favorisés*. Quelques jours plus tard, le 9 septembre, Dumontd'Urville, avec deux navires, f Astrolabe et la Zélée, mouillait en rade de Matavaï. En principe, il ne devait pas toucher à Tahiti; mais, ayant appris à Mangareva les violences commises contre nos missionnaires et

1. Cité dans une lettre de Pritchard au co;nte d'Aberdecn (du i3 mars i843j, in ViNCENDON-DuMouLiN, op. cU., p. I002 (Anncxcs, n*' 8). a. Suproy p. 136.

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