LovETT, op. cit., I, p
4. Voir le texte de la convention, in de Glekcq, Recueil des traités de la France,
IV, p. 435.
l32 LE PARTAGE POLITIQUE ^-
ignorant l'arrivée de la Vénus, il venait à Papeete faire une enquête et menacer, au besoin, Pomaré IV \ Il fil à la reine un discours un peu sévère et alla voir Pritchard. Celui-ci, naturellement, protesta de son affection pour la France et les Français, bien décidé, du reste, à recommencer ses intrigues, dès le départ de nos navires.
A peine Dumonl d'Urville s'était-il éloigné, que Pritchard, en effet, ayant reconquis tout son ascendant sur la reine, sur les chefs et sur le peuple, fit adopter par le gouvernement tahitien plusieurs mesures nettement hostiles aux Français : désormais, il était interdit aux étrangers d'acheter des terres et d'enseigner d'autre religion que la religion protestante, devenue religion d'Etat. Pritchard réussit même à arracher à Pomaré IV une demande de protectorat adressée à la reine Victoria ^ Il nous fallut intervenir de nouveau. En juin 1839, le capitaine de vaisseau Laplace, commandant /'i4r^^mwe, arrivait à Tahiti et, à la convention signée par Dupetit-Thouars, faisait ajouter un article additionnel reconnaissant la liberté du culte cathoHque à Tahiti'. Bien qu'il y fût expressément spécifié que les Français catholiques ne pourraient « s'immiscer, sous aucun prétexte, dans les affaires religieuses du pays », Pritchard prit peur ; il crut rinduence anglaise très sérieusement menacée, et bientôt, il partait à Londres pour agir directement auprès de son gouvernement (i84o) *.
Dans le nord du Pacifique, aux îles Hawaii, l'établissement des missionnaires devait susciter, comme à Taliiti, des difficultés politiques internationales, en provoquant des rivalités entre les Etats-Unis, l'Angleterre et la France ^