Ibid.f p. looa (Annexes, n
5. Ibid., p. 1007 (Annexes, n« la). Toup Nicholas dit que le traité a été établi au moment où Pomaré était près d'accoucher et que ce sont même « d'insultantes menaces » qui firent entrer la reine en travail d'enfant une heure après. C'est cette circonstance' surtout qui met le comble à l'indignation de Toup Nicholas, et il en appelle a à la France, à l'Europe et au monde » pour flétrir a ces procédés sans exemple » .
LES PREMIERS- GONWJT* (iS^OlSjo) i^p
plus reconnaître l'autorité française. Le gouvecnemei* pravisoire proteste. ToupNicholas répond' qu'il agilen wrtu. d'instructions précises, auxquelles il obéira! « saus. s'inqjiaéter de» résultats, avec zèle et rigidité'. »
Pritchard croyait avoir triomphé; lorsqi», brasquemeat, l'amiral Thomas, commandant la station, navate ao^aise. dû Pacifique, rappela Toup. Nixîholas,. dont on lui. avait dit la conduite. L'ordre arriva le 29 juillet. Ce fut un coup de foudre. Le capitaine de la Vindictive retira lui-même sa proclamation du ao juin ; et après son départ (5 août i843), Pritchard dut reconnaître le gouvernement provisoire ; mais il ne se soumit que pour mieux intriguer. Secrètement, il ne cessa d'encourager la reine dans sa résistance à l'amiral Dupetit-Thouars, l'incil tant surtout à refuser de substituer le pavillon du protectorat à son ancien pavillon royal.
L'amiral DupetiUThouars n'était pas d'humeur à supporter indéfiniment des provocations dont il devinait aisément l'instigateur. Le traité de i84a avait été ratifié par le gouvernement français et le capitaine de vaisseau Bruat, commissaire du. roi près de Pomaré. venait darj-iver. U fallait que la reine cessât de violer continuellement les engagements formels pris par elle l'année précédente. Après deux vaines tentatives de conciliation, Dupetit-Thouars se décide à agir: le 6 novembre i843, il descend à terre avec une compagnie de débarquement, prend officiellement possession de Tahiti et de ses dépendance!, proclame la déchéance de Pomaré IV et nomme le capitaine de vaisseau Bruat gouverneur des Établissements français d'Océanie». La reine adressa aussitôt à Louis-Philippe, en langue tahitienne. une lettre de protestation où elle justifiait m propne conduite; puis, par une proclamation tl-ès digne, elle- invitait
I. Voir les textes iu V,«cE«Do.x-DuMou,.m, op. cit., p. ,0,0 el sa; annexes " no- i3i5); de Marte«8, Nouveau Recueil général..., re gérie, V,.p. M-ôfi elVB«i' leur du aS avril i844. .■«'»'«»«*-
a. Onlrouvera tous les textes relatifs. à. ces événeroenls-et.aux-suivairt,. i„ de Martens, Nouveau Recueil général..., t" série, VI» p, 58-ioi..
l48 LE PARTAGE POUTIQUE
les chefs de Tahiti à ne pas maltraiter les Français, à attendre patiemment le secours de T Angleterre, qui, disait-elle, ne saurait tarder. Moins résigné, Pritchard crut atteindre plus vite au but en fomentant une insurrection des indigènes \ Il fallut déclarer l'état de siège à Papeete*. De plus, pour mettre un terme aux intrigues de Pritchard, le commandant d'Aubigny le fit arrêter par ses matelots et expulser (mars i844)'.
La nouvelle de la prise de possession de Tahiti ne fut connue en Europe qu'au début de i844. Le gouvernement de Louis- Philippe, dans la crainte de voir un conflit s'élever entre la France et r Angleterre, désavoua tacitement lamiral Dupetit-Thouars, par une note parue au Moniteur \ et le rappela*. Interpellé à la Chambre, au sujet de cette note, par M. de Garné, Guizot répondit que rien, dans les instructions transmises à nos officiers, n'autorisait leur conduite; qu' « aucune nécessité pressante, incontestable, évidente » ne justifiait leurs actes; et qu'enfin la justice ne pouvait souffrir que l'établissement de la France dans des mers nouvelles s'inaugurât par un acte de violence*.
L'émotion fut à son comble des deux côtés du détroit, lorsque, peu après, on apprit Tarrestation de Pritchard. En Angleterre surtout, où Pritchard fut accueilli, à son retour, comme un martyr, et où les feuilles publiques parlèrent d' ce affront national », l'opinion parut à ce point surexcitée, que notre chargé d'affaires à Londres, Jarnac, crut que nous étions à la veille d'une rupture\ Le cabinet anglais, qui ne tenait pas à la
I. P. Drschanel, La politique française en Océanie, à propos du canal de Panama [Paris, i884). p. 187.
a. De Martens, Nouveau Recueil général..., i""» série, VI, p. 72 (pièce 8).