LES PREMIERS CONFLITS (184O
guerre, se contenta de réclamer une indemnité pécuniaire que la Chambre des députés, après de longs et passionnés débats, accorda, à une faible majorité.
La faiblesse du gouvernement français dans Taffaire Pritchard encouragea, à Tahiti , les adversaires de notre influence. Les indigènes se soulevèrent; il fallut rétablir Tordre au prix du sang\ Finalement, la victoire resta à nos armes; et, le 5 août 1847, Pomaré signait un nouveau traité de protectorat*. .
Les îles Tahiti, Moorea et dépendances devaient former désormais, sous le nom d'îles de la Société, un seul Etat, Ubre et indépendant, placé sous la protection immédiate et exclusive de S. M. le roi des Français, ses héritiers et successeurs (art. i). On ne comprenait pas sous cette dénomination (( îles de la Société », le groupe des îles Sous le Vent, que Pritchard avait réussi, au dernier moment, à soustraire à notre influence, en persuadant à Pomaré IV qu'il était de son intérêt de proclamer leur indépendance. Et la convention franco-anglaise de Londres, du 19 juin 1847, surnommée «Convention de Jarnac », avait nettement exclu ces îles de la souveraineté de Pomaré"*.
Les articles suivants du traité de protectorat attribuent à la France un certain nombre de droits qui restreignent sensiblement la souveraineté interne ou externe de la reine de Tahiti.
Tout d'abord, l'organisation intérieure des îles de la Société doit être désormais « réglée avec l'approbation de la puissance protectrice » représentée par un commissaire nommé par le roi (art. 3 et 4). Celui-ci intervient dans la nomination des chefs, qui forment, avec les délégués dos districts, l'assemblée législative (art. 10); il partage avec la reine le droit de convoquer
1. Cf. JuRiBN DE LA Gravière, Le protecloFol de la France à Tahiti (i844-i846), in Bévue des Deux Mondes, i5 janvier 187a.