Cf. Deschanel, La politique française..., p
LES PREMIERS CO:«FLITS (184O-1870) l5î
les habitants à la discipline rigoureuse d'une caserne. Rebutes par toutes les formalités compliquées et onéreuses que leur imposait l'administration française, les étrangers — pour la plupart pêcheurs de baleine — s'abstinrent de fréquenter les îles de la Société. Il fallut reconnaître le danger du système et y renoncer (186 1) ; « mais le port de Papeete était discrédité pour longtemps*. »
Enfîn, de graves fautes politiques furent commises. Le remplacement des missionnaires anglais par des pasteurs protestants français*, l'extension delà compétence de nos tribunaux' ne doivent pas nous faire oublier avec quelle facilité les représentants de la France se laissèrent circonvenir par les intrigues du parti Salmon-Brander, adversaire déclaré de notre influence. L'âme de ce parti, M"* Brander, était la petite-fille d'un des plus illustres chefs tahitiens, et cheflesse elle-même d'un district de Moorea. Très ambitieuse, elle ne rêvait rien moins que de se substituer, peu à peu, à la famille régnante. Elle entreprit, contre notre gouvernement, une lutte sourde et patiente qui dura plus de 20 ans ; mettant en œuvre, avec beaucoup d'habileté, du reste, les moyens les plus divers, pour obtenir l'éloignement ou le remplacement des chefs de districts qui étaient nos partisans, par les amis de sa propre famille*. — Vers 1870, l'inexplicable faiblesse de nos commissaires avait à ce point compromis la situation, que notre autorité pa-