Sur cette constitution, voir Blackman, op. cit., p. ia
LES PREMIERS COÎÏFLITS (184O-1870) 167
pour augmenter d'autant ceux du roi. Il ne devait plus y avoir qu'une Chambre, où les Nobles siégeraient à côté des Représentants, dont l'éligibilité était soumise à certaines conditions de cens. D'autre part, le droit de vote était désormais subordonné à une obligation de séjour et à la justification de moyens d'existence : on espérait ainsi enlever toute inQuence politique à la population Qottante, en majorité américaine, et aux travailleurs chinois enrégimentés par les planteurs américains. — La constitution de 1864 ne rencontra d'opposition que dans l'aristocratie hawaïenne et chez les gros planteurs*. Le peuple l'accepta sans difficulté, ce qui prouve qu'au fond il se souciait peu des restrictions apportées aux libertés qui lui avaient été octroyées en i852, et que, malgré les changements poUtiques survenus dans l'archipel, il avait conservé son indifférence et son inertie naturelles*.
Il était fatal, cependant, que le parti annexionniste finirait par triompher. D'abord, l'archipel hawaïen, par sa situation géographique, dépendait trop directement des Etats-Unis, au point de vue économique, pour ne pas subir, un jour ou l'autre, leur hégémonie politique'. Cette dépendance économique était si étroite que M. de Varigny lui-même la reconnaissait volontiers et qu'il voulait donner, tout comme les annexionnistes, la plus grande stabilité aux conventions commerciales entre les Etats- Unis et les îles Hawaii* ; seulement, à la différence de ses adversaires — et en cela il était le jouet d'une grande illusion — il croyait obtenir le maximum de stabilité des échanges entre les deux pays, par la simple apposition de signatures au bas d'un traité. — En outre, les missionnaires américains, sans arriver