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sépare l'épistyle de la frise, les regulœ et les gouttes étaient certainement peintes. Sur la îœnle courait un décor en forme de double méandre; sur les regulœ alternaient des palmettes et des fleurs de lotus renversées, probablement bleues et rouges (i)(Fig. 4i). Les triglyphes étaient peints en bleu. A
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Or J Ruuge
Fig. 4î. — Décoration peinte du chapiteau d'ante de l'ordro intérieur. D'après Penrose.
la façade orientale, Paccard a constaté des traces de bleu sur les faces et les cotés des mutules; le dessous des gouttes était rouge avec un filet doré. Entre les intitules, le dessous du larmier offrait un ton rouge. Aux angles de la corniche, entre les mutules d'angle, le plafond du larmier était orné
(1) Penrose, pi. 22; Paccard, pi. 1G. Cf. Allait Marquand, Greek Architecture, p. 219, fig. 26S.
de palmettes et de rinceaux rappelant, pour l'élégance, ceux qui décorent les beaux vases attiques à figures rouges (1).
Pour les corniches rampantes des frontons, les observations faites à la façade occidentale sont très précises. Sous la corniche, la moulure qui la rattache au tympan portait un ornement en forme de feuilles rabattues rouges et bleues, qui se répétait sur la moulure supérieure de la corniche droite. Paccard a relevé des traces de rouge dans le tympan du fronton (2). Sur le talon qui est au-dessus du larmier des corniches rampantes, était peint un ornement composé d'oves, avec un fond alternativement rouge et bleu. Quant à la cymaise de couronnement, on y a observé les traces, gravées à la pointe, d'un décor en forme de palmettes, sans que les tons locaux aient été conservés (3).
Essayons, d'après ces données, de nous imaginer le Parthénon vu du dehors. Sur la colonnade, sur l'épistyle, triomphe la pure blancheur du marbre; seules, les parties hautes apparaissent revêtues d'une sobre polychromie où se marient deux couleurs tranchées, le bleu et le rouge, et elles se détachent en vigueur sur l'éclat du ciel. Ces couleurs accusent les saillies de l'entablement et des frontons, qui seraient comme amorties sous l'intensité de la lumière, et font sous les corniches rampantes, sous le larmier, des ombres chaudes et profondes. Ainsi la polychromie rehausse d'une note harmonieuse et riche le couronnement de l'édifice, comme pour faire mieux valoir, aux yeux du spectateur, la noblesse et la fermeté des lignes.
Pour l'ordre intérieur, des traces fort apparentes de polychromie ont été relevées du côté de ropisthodome. Les chapiteaux d'ante étaient peints (Fig. 42). Penrose restitue
(1) Paccard, pi. 18; Michaei.is, Der Parthénon, pi. 2, fig. 24.
(2) Paccard, pi. 16.
(3) Paccard, pi. iS.
des feuilles bleues et rouges, des oves rehaussés de blanc. avec des perles et des pirouettes dorées (1). Sur les moulures qui courent au-dessus de la frise, les vestiges de couleur sont très visibles (Fig. 43). La cymaise dorique était ornée de feuilles; sur le bandeau se développait un ornement en forme de double méandre, peut-être doré, comme le suppose Penrose. et dont le ton de dessous est une sorte d'ocre. Des rais de cœur sur fond bleu décoraient la cymaise lesbienne (2).
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Kig. 4}. — Décoration peinte des moulures de couronnement de ht frise de la cella. Ordre intérieur. l)'aj>rès Pcnrosc.
Quant aux caissons du plafond, ils ne le cédaient pas à ceux des Propylées pour la richesse de la peinture et la délicatesse du décor (3). Par analogie avec ces derniers, on est fondé à restituer, sur les oves et les rangs de perles, du
(1) Penrose, pi. 23.
(2) Penrose, pi. 23 ; Paccard, pi. i5 ; Allau Marquand, Greek Architecture, p. 235, fig. 293.
(3) Pour les caissons des Propylées, voir Penrose, pi. 2I, 25.
— Il6
Pl. 16
A. Figure dite l'Ilissos (British Muséum).
B-C. Cécrops et une des Cécropides (en place au Parthénon.)
FRONTON OUEST
bleu, du rouge et de For, et, sur le fond, des étoiles ou des palmettes d'or sur fond bleu. Une corniche peinte reliait au plafond la frise, elle-même rehaussée de peinture, avec des détails exécutés en bronze doré. Ainsi la décoration de Tordre intérieur se trouvait régie par le même principe que celle de l'ordre extérieur. C'est pour les parties hautes, éclairées par reflet, qu'était réservé tout le luxe du coloriage. A vrai dire, il commençait avec la frise, se poursuivait sur la corniche supérieure, et s'épanouissait sur les plafonds en un riche semis de palmettes et d'étoiles d'or. Nous devrons nous souvenir de ces remarques en étudiant plus loin la frise des Panathénées.