LES DIVISIONS DU TEMPLE
Le pronaos. — Revenons maintenant aux divisions du temple dont nous avons plus haut déterminé les noms et l'affectation. On connaît déjà les dispositions essentielles du pronaos, du portique d'entrée limité par les antes du mur du sécos et par les six colonnes de l'ordre intérieur ; il mesure 2 1 ni 7 2 sur 5m 45. Peu de parties du temple ont plus cruellement souffert de la transformation en église byzantine, car c'est là que les maçons grecs élevèrent l'abside. Toutefois, des traces de scellements permettent de croire qu'il était fermé par des grilles partant des antes, et reliant les colonnes entre elles ; précaution nécessaire, car, au cinquième siècle, on conservait là des offrandes précieuses consistant surtout en vases d'or et d'argent.
Dans le mur du fond, aujourd'hui ruiné, sauf quelques assises, s'ouvrait la porte monumentale qui donnait accès à la cella. Par comparaison avec celle de l'opisthodome, qui a subsisté, on peut en évaluer les dimensions : elle mesurait
10 mètres en hauteur et 4mgs2 entre les jambages. Elle était fermée par deux vantaux pivotant sur des gonds et se rabattant à l'intérieur. Mais, sans doute, les vantaux n'atteignaient pas la hauteur totale de la baie; la partie supérieure était occupée par une grille de métal (8u?iç) dont nous verrons plus loin l'utilité pour l'éclairage de la cella.
On aimerait à posséder des détails précis sur cette porte d'honneur du pronaos, car. à en juger par quelques lignes des inventaires du temple, le décor devait en être d'une extrême richesse. Par comparaison avec celle de l'Asclépieion d'Epidaure (1). sur laquelle nous renseignent des textes épigraphiques, il est permis de croire que les vantaux étaient non pas en bronze, mais en bois précieux, rehaussés d'incrustations d'ivoire et d'ornements métalliques. Une inscription datant de 3 10/330, et relative à une revision faite pour constater l'étal de certaines parties détériorées, mentionne quelques-uns de ces ornements (2) : c'étaient des têtes de lions, des protomés de béliers, se détachant au milieu d'un encadrement de feuillage, des clous dorés en forme de tête de pavot, et sans doute, en belle place, des masques de Gorgone dont il est peut-être légitime de rapprocher le beau (xorgonéion en marbre de Munich, connu sous le nom de Méduse Rondanini (3). Si l'on songe (pie la porte de l'Asclépieion d'Épidaure était un riche ouvrage de marqueterie, qu'elle avait été commandée à un maître sculpteur, Thrasymédès de Paros, l'auteur de la statue de culte du temple, on admettra sans peine que la porte du Parthénon n'était pas moins luxueuse. Peut-être Phidias en avait-il confié l'exécution à Kolotès. celui-là même qui devait plus tard être son
(1) Lechat et Dkfrassk, Épidaure, p. 60-61.
(2) Corpus inscr. atticar., II, p. 704-708; Jahn-Michaeus, Arx Athenarum, p. 97, n° 12. Cf. une autre inscription, Ëphéméris archéologique, 1903, p. i4s, I. 4i.
(3) Voir notre Histoire de la sculpture grecque, II, p. 359, fig. 1S3.
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collaborateur à Olympie et y exécuter un chef-d'œuvre
Fig. 44. — Le péristyle nord et le mur du sécos. Vue prise de l'ouest.
d'incrustation, la table, où Ton déposait les couronnes des Olympioniques.
LE PARTIIKNON
Le sécos. — Le temple proprement dit, le sécos, est limité
par des murs de marbre surélevés au-dessus du stylobate par un socle formé de deux degrés. C'est un rectangle mesurant à l'extérieur 5 1 m 7 2 de largeur sur 5(jm 02 de longueur. A l'est et à l'ouest, les murs se prolongent par les antes dont nous avons parlé. On sait déjà qu'il comporte deux divisions séparées par un mur plein, à Test le néôs Hécatompédos, à l'ouest le Parthénon. Les murs du sécos, épais de 1 ni 17, offrent la même perfection technique que l'on observe dans les autres parties de l'édifice. L'assise inférieure se compose d'orthostates dont les parements intérieurs, complètement bruts, laissent entre eux un vide de i5 centimètres environ, tandis que le parement extérieur est dressé avec un soin minutieux. Quant au reste du mur, il est construit en assises où alternent les parpaings et les carreaux qui laissent également entre eux un vide intérieur (1). Suivant le mode d'assemblage que nous avons déjà décrit, des pattes de scellement en fer relient les assises horizontales, assujetties par des tenons aux assises supérieures (Fig. 44 et pi. 10).
Le néôs Hécatompédos. — La porte du pronaos franchie, on pénétrait dans la pièce principale, dans la cella désignée officiellement par le nom de néôs Hécatompédos, le « sanctuaire de cent pieds ». Elle mesure, en effet, entre les murs, i(jm 10 de largeur avec une longueur de 29™ 8g, représentant exactement 100 pieds atliques nouveaux. Mais, sans doute, les dimensions qui lui valaient son nom correspondaient à la largeur prise à l'extérieur des murs ; elle est en effet de 100 pieds attiques anciens.
Le vaste rectangle du sécos est aujourd'hui vide, et il faut chercher sur le pavement de dalles de marbre les traces du
(1) Bueïticher, Die Akropolis, p. 123, fig. 5i.
mur plein, sans ouvertures, qui séparait la relia de la pièce contiguë ouvrant à l'ouest, le Parthénon (i). On reconnaît
Fig. 45. — Détail du dallage de la cella et du péristyle sud. Vue prise de l'est.
l'assise de socle posée à fleur de dallage, et encastrée dans le stéréobate de pôros à une profondeur de iS centimètres,
(1) Dqerpfelp, Athen. Mittheih, VI, 1SS1, p. 2S3.
<( de telle sorte que, sous la portée du mur, l'assise ait 39 centimètres, le dallage ayant 21 centimètres » (1) (Fig. 45).
Un péristyle, dont le stylobate légèrement surélevé est formé par des assises larges de 1™ 22, divisait la cella en trois vaisseaux, une nef centrale large de gm 82, et deux nefs latérales larges seulement de 3™ 2 5. Le dallage de la nef centrale est un peu en contre-bas par rapport à celui des deux atitres. Sur le stylobate. Paccard a relevé les contours des colonnes de péristyle, et a pu ainsi en évaluer le diamètre à imi2. Ces colonnes, d'ordre dorique, étaient au nombre de neuf sur les longs cotés, et de trois dans le fond. Ces dernières s'élevaient entre deux piliers d'angle se terminant en antes sur les faces de retour. Des piliers d'ante correspondaient aux colonnades latérales dans le mur oriental. Quand le Parthénon fut converti en église chrétienne, cet ordre intérieur fit place à des colonnes byzantines sans cannelures, dont on voit encore, sur le stylobate, les scellements au plomb grossièrement exécutés. Par analogie avec d'autres temples, par exemple celui de Poséidon à Paestum, on est fondé à restituer sur ces colonnades un ordre supérieur plus petit. Mais rien n'autorise à supposer qu'il v eut. au premier étage, des galeries latérales semblables à celles qui furent aménagées dans l'église byzantine.
Entourée de son péristyle, la nef centrale formait comme une sorte de chapelle au fond de laquelle le visiteur apercevait la statue chrvséléphantine d'Athéna Parthénos. Suivant une hypothèse généralement acceptée, elle était divisée en trois parties par des barrières de marbre qui la fermaient, la première à la hauteur de la troisième colonne latérale, la seconde un peu avant la septième colonne. Les entre-colonnements correspondants étaient également fermés. La statue
(1) Magne, Le Parthénon, \>. 4g.
se dressait dans la dernière division. Quand on examine le pavement, il est aisé d'y distinguer la place occupée par la hase de la statue. Elle est indiquée par un dallage de tuf rectangulaire, dont le ton sombre tranche sur celui des dalles de marbre qui l'entourent; les côtés du rectangle mesurent environ 8 mètres sur 4; au centre est ménagé un évidement de 80 centimètres sur 57, avec une profondeur de 4o, où s'encastrait le support qui soutenait l'armature de la statue. On ne retrouve pas ici, comme dans la cella du temple de Zeus à Olympie, l'encadrement en pierre noire qui entourait la base de la statue de Zeus Olympien, et qui, suivant Pausanias, était destiné à recevoir l'huile dont on enduisait la statue (1). Cette explication du périégète grec a été souvent discutée. S'il est vrai qu'à Olympie, suivant l'ingénieuse hypothèse de M. Lcewy, ce cadre de pierre sombre eût pour objet d'amortir les reflets dti marbre blanc sur For de la statue, pareille précaution était moins nécessaire pour l'Athéna Parthénos. Celle-ci était debout, et les plis profonds et comme cannelés du chiton donnaient des ombres qui suffisaient à briser les reflets (2).
Si l'on veut restituer l'aspect de la cella, on y replacera les offrandes riches et variées qu'énumèrent, pour le néôs Hécatompédos, les inventaires du Parthénon (3) ; mobilier sacré, vases précieux, statuettes de corés en or et en argent, couronnes envoyées par les cités grecques au peuple athénien. Sur des rayons (pojMi) s'alignaient les Victoires en or, au nombre de dix, une par tribu, que Périclès avait fait exécuter pour constituer une sorte de fonds de réserve, et avec lesquelles on battit monnaie au temps de la guerre dti
(1) Pausanias, V, n, 10. Cf. Koldewey et Puchstein, Die griechische Temptl in Unteritalien und Sicilien, p. g5.
(2) Lqewy, Strena Helbigiana, p. 1S0-1S1.
(3) Corpus inscr. atticar., I, 117-176; II, 642-738.
Péloponèse ( 1 ). Toutes ces offrandes exaltaient la gloire d'Athènes, et disaient la piété de la Aille envers sa déesse protectrice.
Le Parthénon. — A la cella faisait suite une pièce large de i()"'t<). profonde de 1 3m 37, et qui en est. connue on l'a vu, séparée par un unir plein. (Test le Parthénon, la « chambre des Vierges », suivant l'explication que nous avons donnée plus haut. Dans le pavement, on remarque quatre dalles presque carrées, indiquant la place des colonnes, probablement ioniques, qui supportaient le plafond. La surface des murs, où apparaissent encore des vestiges de peintures byzantines, est polie avec un soin remarquable.
Une seule ouverture donnait accès dans cette pièce, à savoir la grande porte ouvrant à l'ouest sur l'opisthodome et dont le cadre existe encore, bien que dénaturé par un fâcheux linteau de briques et par des placages ajoutés à l'époque byzantine, lorsqu'elle devint l'entrée principale de l'église de la Panaghia (2). Identique à celle du pronaos, elle avait les mêmes dimensions, 10 mètres de hauteur, avec une largeur de lmgs mesurée (Mitre les jambages, mais réduite par l'épaisseur des chambranles (Fig. 46). En effet, si Ton examine le nu du mur extérieur, en faisant abstraction des plaquettes de marbre dont les jambages ont été revêtus par les maçons byzantins, on reconnaît les encoches destinées à fixer les chambranles, qui étaient sans doute en marbre, mais dont
(1) Voir 1'. Foucart, Bulletin <h correspondance hellénique, XII, iSSS, p. 2S7. (.'est seulement par hypothèse qu'on peut placer dans L'Hécatompédon les Victoires du cinquième siècle. Mais les inscriptions nous apprennent que les Victoires en or, exécutées au quatrième siècle pour remplacer celles qui avaient été fondues au cinquième siècle, y étaient certainement conservées. Corpus inscr. aiticar., Il, 2e partie, n" 642 (inventaire postérieur à l'époque des Trente), n° 65a (inventaire de 39S), n° li('>7 (inventaire de 385). M. 1'. Foucart a eu l'obligeance de nie signaler ces textes.
(:) Les deux petites portes qu'on voit dans les murs nord et sud ont été percées à cette époque, et n'existaient pas dans le temple antique.
aucun clément ne permet de restituer la décoration. Le seuil
Pig. 46. — Porte ouest. Vue prise de l'intérieur.
antique subsiste, surélevé de 30 centimètres au-dessus du pavement. Mais les morceaux d'assises avec traces de gonds qui sont engagés sous le placage sont d'époque tardive. Il faut restituer, du coté de l'opisthodome, une porte à deux vantaux, peut-être en bronze, qui s'ouvrait vers l'intérieur, et dont les vantaux venaient s'appliquer contre l'épaisseur du mur (1). Plus loin, au delà du mur, on observe sur le dallage des rainures en demi-cercle avant leur point de départ au milieu du seuil, et donnant le tracé du jeu des battants d'une grille de bronze qui formait une seconde clôture. Mais on ne saurait y voir simplement l'empreinte qu'ils ont laissée sur le marbre. Ces rainures, repiquées au ciseau, avaient certainement servi à recevoir des bandes de métal circulaires, des chemins sur lesquels roulaient les galets des battants. Des crapaudines, occupant le centre de ces demi-cercles, indiquent exactement la place des gonds et par suite les battants de la grille s'ouvraient à l'intérieur.
Le Parthénon donne l'idée d'une pièce bien close entre ses murs de marbre et soigneusement défendue par sa porte massive. Aussi bien c'était proprement la chambre des trésors, affectée au dépôt des offrandes, du mobilier des fêtes, et des « richesses sacrées » d'Athéna et des autres dieux. Les inventaires énumèrent les objets précieux qu'on y conservait, phiales d'or et d'argent, sièges de luxe, lits de Chios et de Milet richement incrustés, armes, lyres, boucliers, bruleparfums (2). On y voyait des trophées des guerres médiques, des sabres perses, et le trône aux pieds d'argent d'où Xerxès avait regardé la bataille de Salamine. Là aussi étaient déposées les couronnes d'or offertes à Athéna lors de la célébration des Panathénées ; elles représentaient le prix de vail-
(1) Michaelis, Der Parthénon, p. 23. M. d'Ooge, The Acropolis, p. 133.
(2) Michaelis, Der Parthénon, p. 29G-299. Cf. les nouveaux fragments publiés par van Hille, Ephéméris archéologique, 1903, p. i4i-i5o.
lance (àçiaz&ïm) qu'elle avait mérité dans la lutte des dieux contre les géants. Enfin l'argent monnayé était déposé dans cette même pièce placée sous la surveillance des trésoriers.
L'opisthodome. — Nous ne nous attarderons pas à cette division, où nous avons cherché plus haut les éléments de l'ordre intérieur. Pour la forme du portique, pour le type et le nombre des colonnes, pour les dimensions, l'opisthodome correspond d'ailleurs au pronaos, dont il offre l'exacte répétition. C'est là que les trésoriers d'Athéna et des autres dieux avaient leurs bureaux. Ici également le portique était fermé par des grilles scellées entre les colonnes et rejoignant les murs d'ante. Dans l'espace compris entre les deux colonnes d'angle du sud-ouest et le mur d'ante subsiste encore une grossière maçonnerie. C'est la cage de l'escalier du minaret turc à laquelle on accède par une petite porte ouvrant à l'intérieur du Parthénon.
L'éclairage du temple. — Comment prenait jour la cella? Question très discutée, et qui se rattache à un problème fort ardu et beaucoup plus général, celui de l'éclairage des temples grecs. La théorie suivant laquelle le Parthénon aurait été hypèthre, c'est-à-dire éclairé par une ouverture à ciel ouvert (1), se fonde sur un texte de Vitruve qui définit le temple hypèthre comme étant normalement décastyle, mais signale cependant à Athènes un temple octastyle hypèthre (2). Ce serait le monument d'Ictinos. On a allégué encore d'autres arguments : l'exemple de certains temples enfermant un enclos à l'air libre, comme celui d'Apollon Didyméen à Milet et celui d'Apollon Épikourios à Phigalie, et surtout la néces-
(1) C'est la théorie de Paccard. Cf. aussi Michaelis, Der Parthénon, p. 2-4.
(2) Parlant du temple hypèthre, Vitruve ajoute : « Huius item cxemplar Romœ non est, sed Athenis octastylos et templo Olympio » (III, 1).
site d'éclairer la statue chryséléphantine de la Parthénos qu'on n'imaginerait pas enveloppée d'une obscurité complète. Quant à la solution technique du problème, on a proposé plusieurs combinaisons, soit en ouvrant au milieu de la toiture et du comble une ouverture rectangulaire (1), soit en ménageant des jours au-dessus des nefs latérales dont les plafonds auraient recueilli et déversé au dehors les eaux de pluie (2).
Après la démonstration décisive faite par AI. Dœrpfeld (3), il faut renoncer à restituer le Parthénon comme un temple liypèthre. Aussi bien ces derniers étaient une exception, justifiée par les dimensions colossales de l'édifice, témoin le temple (* de Sélinonté (4). Ictinos avait certainement appliqué au Parthénon le mode de construction habituel, en lui donnant une couverture sans hypèthre. Quant au texte de Vitruve si souvent cité, il n'y a pas lieu d'en faire état, car il ne vise (pie le temple de Zeus Olympien à Athènes, lequel n'était d'ailleurs pas terminé au temps où écrivait l'architecte romain (5). S'il faut un argument de fait pour écarter l'idée de l'hypèthre, il est fourni par une observation précise de M. Magne : « Les nefs latérales... ont leur sol élevé de 1 centimètres au-dessus du sol de la grande nef; il est donc impossible d'admettre pour l'éclairage du naos une ouverture
(1) Cf. ('.. Boetticher, Dit Hppat thrallempel, 1SI7.
(2) J. Fergi sson, Tht Parthénon, is\s, pi. III-IV. Le système de Chipiez (Revue archéologique, 1878, |>. 180-208) se rapproche de celui de Fergusson. Pour les divers systèmes proposés, voir .1. Un roRFF, Architecture antique de la Sicile, pi. 87.
(3) Doerpfeld, Athen. Mittheil., XVI, 1891, p. 33 1 et suiv. La théorie de l'hypèthre avait déjà ètè combattue par Ross (Hellenika, p. 1 et suiv.) et Durm (Die Baukunst der Griechen, p. 197). La question a ètè traitée en dernier lieu par M. R. de Ladnat, I.< Temple hypèthre (Rev. arch., 1912, I, p. 365-367, II, p. 143-15S). L'auteur définit le caractère spécial du temple hypèthre qui n'a rien de commun avec le Parthénon.
(1) Fougères et Hulot, Silinonte, p. 2J2. Choisy admet l'hypèthre dans ces cas exceptionnels (Histoirt <lt Varchitecture, I, p. 111-415).
(5) 11 faut corriger ainsi le texte de Vitruve : « Sed Athenis octastylos in templo Olympio ».
centrale laissant exposées aux intempéries les offrandes et la statue chryséléphantine d'Athéna. Il n'existe au Parthénon aucune canalisation souterraine, et les eaux pluviales auraient séjourné dans le naos comme dans une cuvette (1). »
C'est donc seulement par les larges et hautes baies des portes que s'éclairaient la cella et la pièce de l'ouest; les battants ne montant pas jusqu'au linteau, une sorte d'imposte fermée par une grille laissait pénétrer la lumière, alors même que les portes étaient closes. Faible éclairage, objecteront les partisans de l'hypèthre. Eclairage très suffisant si l'on tient compte de l'intensité de la lumière en Grèce. Au lieu de nous représenter l'Athéna Parthénos mal défendue contre la poussière et l'aveuglant soleil d'été par un vélum tendu sous une ouverture à ciel ouvert, imaginons-la plutôt caressée par une lumière amortie qui éteignait l'éclat des ors, et mettait sur l'ivoire des reflets adoucis. A voir ainsi le chefd'œuvre de Phidias dans une sorte de pénombre claire, analogue à celle qui enveloppe les mosaïques de la galerie nord de l'église Saint-Marc à Venise, le visiteur ne devait-il pas ressentir une émotion singulièrement plus intense que si la statue lui était apparue sous une clarté crue tombant de l'hypèthre ?