‹ Le Parthénon: l'histoire, l'architecture et la sculptureChapitre 28 sur 32 · PL · texte numérisé non relu

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ATHÉNA PARTHÉNOS.

Copie en marbre.

(Athènes, Musée national.)

la gemme d'Aspasios. C'était un casque attique à timbre bas, couvert d'enroulements, muni d'un écu faisant une pointe entre les deux yeux, et d'un couvre-nuque où un décor en écailles rappelait celui de l'égide; sur les garde-joues relevés,

l'hot. Ciraudin

Fig. 78. — Copie en marbre du la tête de l'Athéna -Parth'énos (Musée du Louvre).

des griffons étaient ciselés en relief (1). Au sommet du casque se dressait le triple cimier, formé de trois figures d'animaux

(1) C'est peut-être ces grillons que signale Pausanias, à moins qu'il n'ait désigné ainsi, par erreur, les Pégases- du cimier. Pour l'étude du casque, nous renvoyons à l'article déjà cité de M. Michon.

supportani les aigrettes. Au milieu, un sphinx assis; de chaque côté, un Pégase galopant, avec des ailes recoquillées. Audessus du rebord «jiii limitait l'écu à la partie supérieure, des avant-corps d'animaux, sans doute des Pégases ailés, se détachaient du timbre et se projetaient en couronne saillante. S'étonnera-t-on que Phidias ait ainsi accumulé sur le casque de la déesse tout ce luxe d'ornements, au risque de l'alourdir? Qu'on se rappelle les dimensions colossales de la Parthénos, on comprendra quel effei mesquin aurait produit une décoration plus sobre, et combien cette riche et magnifique coiffure guerrière ajoutait à la majesté de la statue.

Restent les accessoires. La Nike que tenait la main droite était-elle soutenue par l'armature inférieure du bras ? Ou bien faut-il restituer dans l'original le support <|iii figure dans la statuette du Yarvakeion. et dont le copiste a fait une colonnette de style romain;1 La question a été souvent discutée. Ce qu'on peut affirmer, c'est que le support existait déjà au quatrième siècle, et que des témoignages certains en font foi (1). Nous savons que la statue exigea de bonne heure des réparations et peut-être alors se préoccupa-t-on d'en assurer la solidité par l'addition d'une colonnette placée sous la main gauche. Mais peut-être aussi Phidias lui-même avait-il pris le soin de donner à la Niké, haute d'environ : mètres, nn support que son poids rendait nécessaire.

Les textes nous apprennent que le bouclier était décoré à l'extérieur de ciselures représentant le combat des Athéniens et des Amazones, avec une tête de Méduse au milieu, et qu'à l'intérieur était peinte une Gigantomachie (2). Parmi les figures du combat d'Amazones, les exégètes désignaient à la curiosité

(1) Ainsi un bas-relief attique <lu quatrième siècle (Michaeus, Der Partkenon, pi. ij. 7). Le support est transformé en tronc d'arbre sur une monnaie de Cilicie (Percy Gardner, Types ofGreek Coins, pi. X. :S). Cf. Frazbr, Pausanias, II, [>. 317-

(:) Cf. Fl'rtw.knc.i.kr. Meisterwerke, p. 71.

des visiteurs celle « d'un vieillard chauve, élevant une pierre des deux mains » (1), et celle d'un personnage voisin dont le visage était à demi caché ; la première était le portrait de Phidias; la seconde représentait Périclès. Et l'on ajoutait que l'artiste avait disposé son effigie de telle sorte que si on l'enlevait, toute la statue se disloquait. Vraie ou fausse, enjolivée de tout ce qu'y avaient ajouté les légendes relatives au procès de Phidias, cette tradition était solidement établie à l'époque romaine, et c'est pourquoi les copistes se gardaient bien d'oublier l'image du « vieillard chauve ». On la reconnaît nettement sur le bouclier de marbre de l'ancienne collection Strangford, qui nous a conservé la copie la plus soignée de l'original (q) (Fig. 7g). Faut-il ajouter qu'aucun portrait de Phidias ne nous étant parvenu, on ne saurait décider si la figure du bouclier Strangford, exécutée cependant avec un réel souci d'exactitude, nous a vraiment conservé les traits du grand artiste (3)?

Sur la face inférieure de la base de la statue, large de 8 mètres, un bas-relief, comprenant vingt et une figures, représentait la naissance de Pandore, la première femme (4). Dans l'ébauche très sommaire sculptée à grands traits sur la base de la statuette Lenormant, on reconnaît aux deux extrémités Hélios et Séléné, et l'on peut conjecturer que la composition offrait comme un rappel du fronton oriental. La base de la statue d'Athéna trouvée à Pergame ne nous est parvenue que mutilée (5). Il n'en reste malheureusement que

(1) Plutarque, Périclès, 31. Pour les autres textes relatifs au bouclier, voir Jahn- Michaelis, Arx Athenarum, p. 5g-6o.

(2) Michaelis, Der Parthenon, pi. i5, 34; A. -H. Smith, Catalogue of the Sculptures, British Muséum, I, n° 302. Autre fragment de bouclier au Vatican (Michaelis, pi. i5, 35). Cf. aussi le bouclier de la statuette Lenormant (Ibid., pi. i5, 1 b).

(3) La tradition est contestée par Furtw-engler, Meisterwerke, p. 75. Cf. Bernoulli, Griech. Ikonographie, I, p. 116.

(4) Voir Maier, Revue archéologique, if)o4, II, p. 109.

(5) Winter, Arch. Jahrbuch, XXII, 1907, p. 22S et suiv. ; Altertv.rn.tr vom Per-

la partie centrale, avec des figures fort incomplètes, et il n'est même pas certain que l'artiste y ait reproduit le sujet de la naissance de Pandore.

Une œuvre telle que la Parthénos, exceptionnelle par ses dimensions, relevant d'une technique avec laquelle nous ne sommes point fainiliers.se dérobe à nous si nous essayons

Fiu;. 79. — Le bouclier Strangford (Fintisli Muséum).

d'en préciser les réalités. Pourtant, grâce aux témoignages combinés des copies et des répliques, nous pouvons définir l'idée qui l'avait inspirée. Avant de se mettre à l'œuvre, Phidias avait déjà traité plusieurs fois le type de la déesse :

gamon, VII, p. 3S-4G ; Collignon et Pontremou, Pergame, p. i45. Cf. Koepp, Ntue Jahrbiiclur, 1900, p. 254.

ainsi la Promachos de bronze, l'Athéna année qui veillait sur l'Acropole comme pour la défendre contre un retour offensif des Barbares. La Parthénos est la maitresse du temple élevé par la cité triomphante, et qui impose sa volonté à ses alliés. Athènes y saluait la parfaite image de la déesse dont la protection lui avait assuré un puissant empire et la maîtrise de la mer. Elle est toujours la Guerrière, car elle n'a point déposé ses armes. Mais elle est surtout la Victorieuse, qui tient la Niké d'or et d'ivoire, et reçoit avec une majesté souveraine l'hommage de son peuple.

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