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LES DEBUTS DE L'OPPOSITION

plaudit et parut vouloir soutenir le ministère, a Tout ce qui avait Tliabitude de crier : Vive le roi! remarque M. de Monllosier, garda le silence. Tout ce qui avait l'iiabilude de garder le silence cria : Vive le roi ! C'était le spectacle le plus singulier de voir dans la rue d'effrénés jacobins poursuivant les royalistes de cris de : Vive le roi ! « Aux élections générales qui suivirent l'ordonnance de 181G, les libéraux volèrent pour les candidats ministériels. Alais , l'année suivante, quand la politique nouvelle leur eut rendu la sécurité en dominant les ardeurs révolutionnaires, et livré des armes de combat en concédant des libertés, ils se mirent à faire campagne à part et pour leur compte; ils s'appelèrent les « indépendants ». D'après la loi électorale, la Chambre se renouvelait par cinquième tous les ans. On vit, aux scrutins partiels de 1817 et de 1818, les indépendants se séparer ouvertement du ministère et profiter même de ce que celui-ci s'était affaibli en rompant avec la droite, pour faire passer contre lui leurs candidats.

Par l'effet d'une loi fatale qui a pu être constatée en toute circonstance analogue, les modérés de la gauche étaient entraînés par les violents dont ils ne voulaient, ou ne pouvaient se dégager. En 1817, les élections de Paris eurent une importance particulière. Trois listes étaient en présence : les indépendants portaient avec MM. Laffitte, Casimir Périer et Delesserf, candidats vraiment parisiens, des hommes

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qui n'avaient d'autres titres auprès des électeurs de la capitale que d'être les ennemis notoires de la Restauration : la Fayette, Manuel, Benjamin Constant, Gilbert de Voisin, premier président de la cour de Paris pendant les Cent-Jours, et le général de Thiard, ancien aide de camp de l'empereur, emprisonné, en 1816, comme prévenu de menées factieuses. Les principaux candidats du ministère étaient M. Pasquier, l'un des ministres, M. Roy et M. Bellart. L'extrême droite avait aussi sa liste. Cette division pouvant profiter aux révolutionnaires, le gouvernement fit proposer à M. Laffitle de s'entendre avec lui et avec MM. Périer et Delessert s'ils voulaient séparer leur cause des candidats antidynastiques. La transaction fut rejetée. M. Laflîtte tenait tant à faire élire Manuel, l'adversaire le plus haineux des Bourbons, qu'il lui avait, assure-t-on, constitué luimême son cens d'éligibilité.

A chaque élection, les indépendants gagnaient du terrain, presque toujours aux dépens du cabinet qui se trouvait de plus en plus à Tétroit entre la droite et la gauche. Au parlement, cette gauche n'était sans doute pas, en 1817 et 1818, aussi violente qu'elle le sera bientôt. Toutefois, elle laissait apparaître ses préjugés, ses ressentiments et ses exigences. Plus nettement opposante à mesure qu'elle grossissait en nombre , elle faisait déjà appel dans le pays aux passions les plus dangereuses, aux plus mauvais sentiments, exaltait les proscrits de 1815,

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