LE NOUVEAU PROGRAMME DE LA GAUCHE
Charles I"; la République avait abouti d'un côté à Napoléon comme de l'autre à Cromwell; Louis XVIII avait été restauré comme Charles II; Charles X avait succédé à son frère comme Jacques II. La tentation était grande d'ajouter que le nouveau Jacques II unirait comme l'ancien : d'autant plus qu'auprès du trône, il semblait y avoir un Guillaume III tout indiqué. Dès 1814, la ressemblance s'était présentée à certains esprits; seulement, on était tout à l'espérance, et Benjamin Constant écrivait : « La révolution française de 1814 réunit les avantages de la révolution anglaise de 1660 et de 1688. « M. de Salvandy disait aussi en 1824 : « La Restauration semblait viagère, tant que le nom des Sluarts ne pouvait pas être prononcé tout haut; il l'est maintenant. » D'ordinaire, c'était dans un dessein d'hostilité et de menace qu'on rappelait ce souvenir. Ainsi l'avait fait plusieurs fois Manuel, à la tribune. A peine arrivé à Paris, vers 1822, M. Mignet était chargé par les libéraux de faire un cours à l'Athénée sur la révolution et la restauration d'outre-Manche, et il insistait, dans une intention fort claire, sur leur parallélisme avec les événements accomplis en France depuis 89. En 1827, Carrel, encore peu connu, publiait une Histoire de la contre-révolution en Angleterre j où, de l'analogie entre les Stuarts et les Bourbons, l'auteur cherchait à faire conclure à la nécessité d'un nouveau 1688 '. Quelquefois, c'étaient
* Dans l'introduction piimitiie de roui rage, Carrel exposait com-