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L'OPPOSITION LIBERALE AVA\T

gauche, le minislère dut enfin renoncera continuer l'œuvre de conciliation libérale et monarchique, entreprise en 1816, avec quelques illusions peut-être, mais avec un patriotisme clairvoyant ; et , en décembre 1818, le duc de Richelieu quittait le pouvoir, suivi par MM. Laine et Pasquier.

§ 10. — l'opposition et m. de serre. (1819.)

On aurait pu s'attendre, après la retraite du duc de Richelieu, à une évolution du gouvernement vers la droite ; mais, malgré des tentatives dans ce sens qui alarmèrent vivement la gauche et durent lui faire comprendre la témérité coupable de sa conduite récente, la crise aboutit, au contraire, à la constitution d'un ministère plus libéral encore que le précédent. Des hommes du centre gauche, M. de Serre, le général Dessoles, le baron Louis, M. Portai, remplacèrent les ministres sortants. Une occasion nouvelle, inespérée, était donc offerte à la gauche de revenir à résipiscence et de réparer ses fautes. M. de Serre, le plus important des nouveaux ministres, était alors dans l'ardeur singulièrement pure et généreuse, trop généreuse même, de son optimisme réformateur. 11 rêvait de résoudre tous les problèmes par la liberté, de désarmer les partis hostiles par la confiance. S'il péchait, c'était par excès de condescendance envers la gauche.

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Pour vaincre au Luxembourg toute résistance de la droite, on fit une fournée de soixante pairs, parmi lesquels vingt-deux étaient d'anciens pairs éliminés après les Cent-Jours. De nombreux changements parmi les préfets, les conseillers d'État, les commandants de la garde nationale, mirent partout les libéraux à la place des fonctionnaires suspects d'indulgence pour les ultras. Une œuvre plus utile et plus durable fut la présentation de ces grandes lois sur la presse qui, du premier coup, ont donné le dernier mot de la liberté en cette matière; si bien que les gouvernements suivants y ont seulement ajouté, les uns après les autres, des restrictions et des garanties répressives Des commissions composées d'hommes indépendants et éclairés préparaient, dans le même esprit, plusieurs lois sur les institutions municipales et départementales, sur la com])osition du jury, sur la liberté individuelle, sur la réforme du Code pénal. Pour suivre cette politique si hardiment réformatrice, le cabinet bravait l'hostilité violente de la droite, à laquelle s'était joint le centre droit, du jour où M. Laine n'avait plus été ministre. Il ne craignait même pas de s'exposer aux représentations de la diplomatie étrangère qui, depuis 1815, prétendait avoir son avis à donner dans nos affaires intérieures. Jamais gouvernement n'avait accordé tant de gages aux libéraux. Ceux-ci devaient, semble-t-il , soutenir de pareils ministres avec sollicitude: attentifs à leur éviter tout embarras, et surtout à ne fournir, par aucune impru-

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dence, des argunienis à ceux qui répélaieiU au roi et aux royalistes qu'on les menait grand train à la révolution. Telle eût été en effet leur conduite, si leur principal souci avait été celui de la liberté ; mais, par j)assion chez les uns, par faiblesse chez les autres, ils obéissaient à un sentiment différent : plus que jamais, leur conduite était inspirée par une arrière-pensée antidynastique.

Dans les premières heures qui suivirent la formation du ministère du 30 décembre 1818, comme naguère après l'ordonnance de 181 G, la gauche applaudit : elle promit presque son appui. Etait-ce sentiment du danger de réaclion auquel elle venait d'échapper? Etait-ce habileté perfide pour exciter et compromettre les nouveaux ministres? 11 est inutile de le rechercher. Mais quelques jours s'étaient à peine écoulés, qu'elle redevenait exigeante et mécontente. Il lui fallait des places pour tous les affamés de son parti; tellement que ses convoitises excitaient l'indignation et le dégoût de rhonnêle Censeur. Aux quelques élections isolées qui eurent lieu en mars 1819, elle porta et fit triompher contre le ministère des candidats d'une hostilité patente, entre autres M. de Corcelle, récemment revenu d'exil, ancien colonel de la garde nationale sous les Cenl- Jours, et bientôt l'un des plus ardents conspirateurs. La Minerve commentait ces élections avec une ironie impertinente. « Le ministère, disait-elle, a recueilli Je prix de se.c efforts ; les dernières élections ont dû

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