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LES SOCIÉTÉS SECHETES ET L'ARMEE

nécessaires, du moment où l'on prétendait descendre dans Ja rue et recourir à ia violence. Le peuple était étranger à ce mouvement : peut-être n'osait-on pas, ou ne pouvait-on pas arriver jusqu'à lui\ La force d'action matérielle des sociétés secrètes eût donc été insignifiante, sans le concours d'un élément dont la prépondérance dans l'opposition d'alors a déjà été signalée, l'élément militaire.

§ 2. — LES SOCIÉTÉS SECRÈTES ET l'aRMÉE.

ta « Charbonnerie « s'étendit rapidement parmi les mécontents de l'armée. Les officiers à demi-solde, qui entretenaient des relations dans leurs anciens régiments, y eurent bientôt organisé un grand nombre de « l'entes », généralement composées de sous-officiers, et pouvant apporter, en cas d'action, un concours efficace. L'influence des Ventes civiles était en (juelque sorte effacée par ce redoutable voisinage. Derrière les rares députés ou étudiants qui s'agitaient, péroraient et étaient censés donner la direction, se préparait donc une véritable insurrection militaire. Tel était du reste, à cette époque, le caractère général des mouvements révolutionnaires

' « La cliarbonticrio, dit AI. Louis Blanc, n'était pas descendue dans les profondeurs de la société; elle n'avait pas remué les classes inférieures. »

114 LES CONSPIRATIOWS.

en Europe. Il y avait comme une conlaoion qui jjagnait partout, en 1820, soldats et généraux. Elle était partie de l'Espagne, terre classique des prominciamentos , oh Riogo et Quiroga avaient soulevé l'armée de Cadix et contraint Ferdinand à accepter la constitution de 1812. Cet exemple avait été suivi, avec des succès plus ou moins éphémères, en Portugal, à Naples, en Sicile et en Piémont, En Russie même, un régiment de la garde avait donné le signal d'une révolte, d'ailleurs promptement réprimée.

Les historiens et les orateurs de l'opposition semblaient inijiatients de voir la France entrer dans cette roie. Ils |)arlaient sans cesse des révolutions militaires d'Espagne ou d'Italie, pour les exaller et les offrir comme modèles. Ils ajoutaient mille caresses et flatteries à l'endroit de l'armée, affectaient bruyamment de prendre en main la cause de ses griefs prétendus ou réels, et lui répétaient à satiété qu'elle était « la représentation véritable de la nation •>•> . Un ancien censeur de la police impériale, AI. Etienne, écrivait dans la Minerve : « Les flatteurs disent aux rois : Vous avez des baïonnettes. Mais ils oublient que les soldats sont la représentation armée des nations... Certes, il donne un grand exemple, le pays oîi l'armée, appui ordinaire du pouvoir absolu, se lève, combat et stipule pour la liberté. » La tribune faisait écho à la presse : « Contemplez l'Espagne, s'écriait La Fayette. Xous avons déjà vu, en 1789, les soldats français s'identifier avec leurs conci-

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