‹ Le parti libéral sous la RestaurationChapitre 41 sur 121 · S UNE GENERATION NOUVELLE · texte numérisé non relu

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contre la cheminée, dominant l'auditoire assis, la tête un peu inclinée, après un long silence qu'il semblait avoir peine à rompre, il commençait d'un ton très-bas. Rien du rhéteur ni même de l'orateur. Sa voix était faible, mais « timbrée par l'âme 55 . C'était une éloquence de demi-jour et d'intimité, dont l'impression était singulièrement pénétrante. Il parlait du beau, du bien moral, de rimmortalilé de l'âme ou de quelque autre de ces vérités, alors presque nouvelles, du spiritualisme. Peu à peu sa parole, au début monotone, embarrassée de répétitions et d'incidences, se dégageait, s'élevait; un souffle plus rapide, plus oratoire, mais qui ne venait jamais que de la pensée intérieure, en animait et en variait les inflexions; l'œil s'illuminait, les lèvres tremblaient; et alors, nous rapportent ces témoins, dans un petit auditoire de douze à quinze jeunes gens, couraient des frissons, comme il en descend, aux heures solennelles, de la tribune ou de la chaire. Puis au jour baissant, les disciples se dispersaient, silencieux et émus.

De cet enseignement tout intime, M. Jouffroy passa au Globe, entraînant avec lui les plus distingués de ses élèves. Les luttes ouvertes de la politique ne convenaient guère cependant h sa nature : il y trouvait beaucoup de causes de souffrances, dcsoccasious d'erreurs, et ne devait, à aucune époque, y obtenir des succès dignes de lui. Aussi n'est-ce point par ce côte qu'il est surtout intéressant de le considérer.

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