‹ Le parti libéral sous la RestaurationChapitre 45 sur 121 · LES MOXDAIXS DU GLOBE · texte numérisé non relu

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et ondoyante ne le permet pas, et s'in(erro<]eant luimême sur cette question, il n'eût répondu sans doute que par des distinctions et des sous-distinctions. Toutefois n'est-il pas certain que la lutte contre les chimères d'ancien régime Tentraînait bien loin, quand il offrait pour programme : « La Révolution à continuer » ? Cette formule risquait au moins d'être comprise et interprétée d'une façon fort dangereuse par une foule habituée à donner aux mots un sens moins raffiné et plus brutal Un libéral prévoyant eût au contraire écrit sur son drapeau : « La Révolution à clore. »

Par ses écrits de ce temps ou d'une époque postérieure, M. de Rémusat a donc fourni, quoique toujours dans une forme un peu abstraite et en évitant systématiquement les faits et les noms propres, quelques traits fort utiles à qui veut étudier l'histoire intellectuelle de la jeunesse libérale de 1824; il ne faudrait pas cependant juger trop exclusivement d'après ce type tous ceux des rédacteurs du Globe qui étaient venus de la haute société politique. Sur M. Duvergier de Hauranne, le seul aujourd'hui survivant, on a peu de renseignements. Par l'ouvrage vraiment considérable qu'il a publié, il est un de ceux qui ont le plus contribué à nous faire connaître la Restauration. Dans ses dix volumes, on trouve tout sur les faits grands et petits de l'histoire parlementaire, mais — notre regret est un hommage à la discrétion de l'écrivain — on ne trouve rien sur

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le rôle que celui-ci, jeune homme, avait pu jouer dans ces événements, ni même sur les sentiments avec lesquels il y avait assisté. 11 paraît, du reste, d'après d'autres témoignages, s'être surtout occupé au Globe de littérature , et avoir employé la vigueur militante et facilement critique de son esprit à faire une campagne romantique contre les règles du vieux théâtre.

M. Vilet et M. Duchâtel étaient notahlement plus jeunes. Agés à peine l'un de vingt-deux ans, l'autre de vingt et un, lors de la fondation du Globe, ils n'avaient pu encore acquérir de notoriété politique ou littéraire. Ils étaient unis par une amitié touchante, née sous les auspices de Jouffroy, dans ce petit salon de la rue du Four, où tous deux avaient suivi assidûment les leçons du maître. AI. l'itet a raconté ces débuts d'une intimité qui devait durer jusqu'à la mort, dans des pages charmantes et émues qu'il a consacrées à la mémoire de son ami. Et pourtant pouvait-on imaginer natures plus dissemblables? L'un, dilettante d'un goût exquis, se montrait plus spectateur qu'homme d'action; c'était une âme pleine de tendresse et de passion, sous un aspect un peu froid et réservé qui tenait à distance l'indiscrétion et la médiocrité; il ne faisait que se prêter à la politique, où il devait trouver la considération et l'influence, tout en se dérobant aux honneurs et au pouvoir; il se donnait à l'art, à l'esthétique, à l'histoire pittoresque, y cherchant loin de la foule et des

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