‹ Le parti libéral sous la RestaurationChapitre 46 sur 121 · LES MOXDAIVS DU GLOBE · texte numérisé non relu

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passions \ulgaires, dans une sorte de solidide austère et jalouse, ses plus vives jouissances. L'autre, caractère d'homme d'Etat anglais, esprit net, pratique, volonté ferme, avait, tout jeune, et bien qu'il fût alors dans l'opposition, le goût et les aptitudes des choses de gouvernement ; il blâmait déjà dans l'intimité «l'esprit critique» de M. deRémusat; préférant aux spéculations abstraites et aux rêveries d'imagination l'étude des faits sociaux, des lois économiques, du droit politique ou administratif, il trouvait dans les statistiques officielles ou dans un traité d'Adam Smith les jouissances que son ami goûtait dans la contemplation d'une belle cathédrale ou la lecture d'une vieille chronique.

Libéraux très-décidés, plus ardents et plus exigeants même qu'ils ne le seront quand leur esprit aura mûri, M. Vitet et M. Duchâtel étaient cependant la droite dans la petite école du Globe. Ils y représentaient les idées de M. Guizot avec lequel ils étaient en relations suivies et sous la direction duquel ils avaient travaillé à rédiger ses cours. En face des vivacités passionnées de M. Dubois et des hardiesses spéculativement révolutionnaires de M. de Rémusat, ils remplissaient l'office de modérateur. AL Vitet, notamment, eut, à ce point de vue, un rôle plus important que ne le laisserait supposer ce qui a été vu du public et raconté par quelques-uns de ses collaborateurs. Cette nature, délicate par élévation et discrète par fierté, ne cherchait jamais d'elle-même

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à sortir du demi-jour j elle agissait par devoir et souvent très-efficacement, mais sans se mettre en avant. Les deux jeunes amis n'étaient pas seulement, comme les autres rédacteurs du Globe, étrangers à tout parli pris de renverser les Bourbons. Leur loyauté dynastique allait au delà. Ils avaient accepté, en 1814, la monarchie, avec un grand espoir de liberté, et ils ne se résignaient pas à voir cet espoir trompé. Ils ne voulaient pas sans doute renoncera ce qu'ils croyaient être les justes prétentions de la France nouvelle, mais ils désiraient sincèrement que l'accord pût se faire entre elle et les Bourbons. Dans son étude sur M. Duchàtel, M. Vitet a lui-même précisé en ces termes les sentiments des libéraux non révolutionnaires auxquels il se rattachait : « Même en dehors de toute question de sentiment et de fidélité chevaleresque, sans affection pour les personnes, sans lien d'aucune sorte avec la maison de Bourbon, par pur amour de la vraie liberté, ils pensaient que la meilleure chance, le moyen le plus sûr d'en fonder parmi nous le règne, étaient de ne pas rompre avec le droit séculaire de l'ancienne monarchie, qu'il y avait dans ce droit consacré par le temps une base d'autorité que rien ne pouvait suppléer, et sans laquelle tout établissement libéral serait précaire et contesté; qu'il fallait tout au moins user d'égards et de patience, résister sans détruire, atténuer plutôt qu'envenimer la guerre, et surtout ne pas la provoquer. » M. Vitet opposait ces senti-

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