LES MONDAIXS DU GLOBE
ments à ceux d'autres libéraux, « con\;aincus que jamais on n'obtiendrait, non -seulement du roi Charles X, mais de tout prince régnant par droit héréditaire, la franche reconnaissance et la fidèle observation du pacte constitutionnel, et qui soutenaient que c'était perdre son temps d'en poursuivre la chimère, qu'il fallait prendre son parti et saisir la première occasion de fabriquer du même coup le pacte tel qu'on l'entendait et le monarque tel qu'on le souhaitait ». En octobre 1824, quand Charles X prit possession de trône, M. Vitet et M. Duchàtel étaient à Lausanne. A la nouvelle des manifestations qui semblaient annoncer le rapprochement de la dynastie et de la nation, leur joie fut grande, et M. Duchàtel écrivit à un de ses amis : « l^oici donc un moment où la réconciliation va devenir possible. Je ne saurais dire combien en théorie je serais heureux que la question de dynastie fût définitivement résolue, et que la lutte n'eût plus à s'établir que sur la marche de l'adrainisfralion , comme en Angleterre, sans hostilité de la nation contre la famille régnante, ni de la famille régnante contre la nation... La question de la dynastie vidée, un point de départ commun devient possible, condition nécessaire de toute fondation stable. » Ce n'est certainement pas M. Thiers qui se fût ainsi exprimé, et nous aimons à croire que ces sentiments étaient au contraire partagés par la plupart des collaborateurs de M. Duchàtel.
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Nous nous sommes arrêtés, avec quelque complaisance, à étudier l'école du Globe. Cet avènement d'une nouvelle génération, préfendant apporter en tout des idées nouvelles et des procédés nouveaux, marquait, à notre avis, l'une des phases les plus intéressantes de l'histoire des idées libérales sous la Restauration. D'ailleurs, les jeunes gens qui se réunissaient alors autour de ce journal ont joué plus tard un rôle assez considérable pour qu'il importe de les observer à leurs débuts, dans la première éclosion de leur talent et comme à l'aurore de leur renommée. Xous avons mis largement en lumière ce qui faisait la supériorité de cette école sur la vieille opposition que la monarchie avait jusque-là rencontrée devant elle. Xous lui avons su gré d'avoir relevé le drapeau du spiritualisme, en face du sensualisme du dix-huitième siècle, d'avoir tenté de remplacer le vieil esprit révolutionnaire et bonapartiste par un libéralisme plus large, plus sincère. Toutefois il a fallu indiquer des réserves, signaler des lacunes et des périls. En effet, si, devançant les événements, on juge cette école d'après ses résultats, et non plus d'après ses espérances, qui pourrait ne pas confesser sou impuissance et son échec? L'élan avait été magnifique; et l'on a vu avec quel cri de confiance présomptueuse ces jeunes gens étaient entrés en campagne. Eh bien ! quelques années plus tard, après la révolution de Juillet, quand, dans la force de l'âge et avec tous les avantages de l'expé-